Spiritualité missionaire / La prière

L'ÉVANGILE DE L'ENFANCE

Envoi de Gilles Boisvert, p.m.é., Canada

Annonce à Zacharie

Un fils exceptionnel, promet Gabriel,
Frugal, il vivra de miel et de sauterelles.
Aux yeux du Seigneur, Jean est déjà grand,
Sa mission sera de prendre les devants.

Annonce à Marie

Une jeune fille est informée et consultée,
Veut-elle être la mère du Verbe incarné?
À plus tard les mystères en dogmes définis,
Marie saisit l’essentiel, assez pour dire oui.

Marie chez Élisabeth

Deux cousines, en visite l’une chez l’autre,
D’un futur prophète chacune est l’hôte.
Après les salutations, de quoi parle-t-on?
Sinon de leurs garçons en gestation.

Le Magnificat

Citations de l’Ancien Testament, sûrement,
Chant d’une antique liturgie, probablement.
Retouché par Luc, vraisemblablement,
De Marie les sentiments, certainement.

Naissance de Jean

La joie se répand, vive la tradition,
Parents et voisins accourent à la maison.
Le nom surprend, que deviendra cet enfant?
Précurseur du Messie, il aura du cran.

Le Benedictus

Langue déliée, Zacharie crie délivrance.
Béni soit Dieu, fidèle à son alliance.
Prière biblique chaque matin répétée,
L’Église nous invite à la bien méditer.

Annonce à Joseph

Après trois mois, à Nazareth de retour,
Marie, c’est visible, grossit de jour en jour.
Joseph, homme juste, est dans l’embarras,
Un ange descend, le tire d’un mauvais pas.

Naissance de Jésus

Non aux accommodements raisonnables,
Si vous voulez une place, c’est dans l’étable.
On attendait un roi, vêtu comme un guerrier,
Il se présente nu, comme tout nouveau-né.

Généalogie de Jésus

Deux listes différentes et arrangées,
Mais le récit est là, rien pour édifier.
Qu’il descende de David ou remonte à Adam,
Jésus a des ancêtres, en Israël mis au ban.

Annonce aux bergers

Les bergers sont gens simples et démunis,
Absents de la synagogue, le soir du vendredi.
Mais à eux, en premier, la paix est souhaitée,
Après avoir vu, ils témoignent dans la contrée.

Présentation de Marie

À Jérusalem Marie vient accomplir la Loi,
Pauvreté et richesse, elle donne avec foi :
Sur l’autel du Temple, deux pigeons,
Dans les bras de Siméon, son rejeton.

Visite d’Orient

Les mages scrutent un ciel étoilé,
Ils accourent désireux de se prosterner.
L’Écriture par les scribes est consultée,
Hérode veut savoir pour bientôt assassiner.

Fuite en Égypte

Le roi déjoué, de fureur est saisi,
Vite, l’enfant il faut mettre à l’abri.
Chameau bien abreuvé loin peut cheminer,
Enfin, en exil, on est installé.

Retour à Nazareth

Dites donc, d’où reviennent-ils ces jeunots?
En toute paix, Joseph reprend le marteau,
Marie est occupée, surtout à l’heure du midi,
Le bambin grandit, apprend à dire merci.

Recouvrement au Temple

La famille est juive, fidèle à la Loi,
Un pèlerinage à Jérusalem en fait foi.
Aux docteurs, Jésus répond savamment,
Marie en son coeur garde tout précieusement.

Puis, le silence…

Ensuite intervient un silence de vingt ans,
Jésus sera charpentier durant ce temps.
Le récit reprendra, et des plus édifiants.

Joyeux Noël. Bonne Année Nouvelle.

Gilles Boisvert, p.m.é.


Nous publions ici des prières de missionnaires. Si le Souffle vous inspire, n’hésitez pas à partager votre propre prière missionnaire à partir de vos expériences de foi et d’engagement. Faites-nous parvenir le texte avec votre nom et lieu de résidence. Il nous fera plaisir de le publier.

Guy Sirois, p.m.é.
guysirois33@hotmail.com


SENOR, NO TIENES MANOS... SEIGNEUR, TU N'AS PAS...
Envoi de Hilda Arias, Argentine

Jesús, no tienes manos.
Tienes sólo nuestras manos para construir un mundo donde reine la justicia.
Jesús, no tienes pies.
Tienes sólo nuestros pies para poner en marcha la justicia y el amor.
Jesús, no tienes labios.
Tienes sólo nuestros labios para anunciar por el mundo la Buena Noticia a los pobres.
Jesús, no tienes medios.
Tienes sólo nuestra acción para lograr que todos los hombres sean hermanos.
Jesús, ayúdanos para ser tu Evangelio,
que nuestras vidas sean obras y palabras eficaces para leerlo,
ayúdanos a desarrollar nuestros talentos
y ponerlos al servicio de tu Reino.
Amén.

Jésus, tu n'as pas de mains.
Tu n'as que nos mains pour construire un monde où règne la justice.
Jésus, tu n'as pas de pieds.
Tu n'as que nos pieds pour mettre en marche la justice et l'amour.
Jésus, tu n'as pas de lèvres.
Tu n'as que nos lèvres pour annoncer de par le monde la Bonne nouvelle aux pauvres.
Jésus, tu n'as pas de moyens.
Tu n'as que notre action pour en arriver à ce que tous les hommes deviennent des frères.
Jésus, aide-nous pour que nous soyons ton Évangile,
que nos vies soient actions et paroles efficaces pour le lire,
aide-nous à développer nos talents
et à les mettre au service de ton Royaume.
Amen.

PRIÈRE POUR LE PEUPLE IRAKIEN
Adaptation d'une prière d'Alan et Clare Amos du Conseil oecuménique des Églises. En arabe, Abraham est souvent appelé "El Khalil", l'ami de Dieu.

Dieu de paix et de compassion,
ami d'Abraham,
toi qui as appelé notre père dans la foi
à partir vers un avenir nouveau,
nous nous souvenons devant toi de l'Irak,
le pays d'où tu l'as appelé,
terre ancienne du Moyen-Orient,
pays des deux fleuves,
lieu d'origine de grandes cités
et de civilisations.

Nous qui revendiquons le nom d'enfants d'Abraham
nous voulons nous souvenir
de tous les peuples du Moyen-Orient
qui le vénèrent comme leur père.
Aide-nous à reconnaître les uns chez les autres
un air de famille, l'héritage d'Abraham, notre père à tous.
Écarte la haine de nos coeurs
et maintiens en nous un esprit généreux
qui sait voir l'humain en l'ennemi comme en l'ami.
Nous te le demandons
au nom de celui qui est venu nous offrir le don précieux
de la vie en abondance.


PRIÈRE SUR L'IRAK DÉVASTÉE
par le Conseil oecuménique des Églises.

Face aux tragédies humaines auxquelles on assiste dans le monde en ce temps de Pâques, les responsables des cultes au COE ont préparé cette prière à l'intention des communautés paroissiales et des particuliers. Ils pourront l'utiliser notamment le vendredi saint.
Inspirée par Isaïe (53)

Nous sommes horrifiés, ô Dieu,
ils n'ont plus l'apparence d'êtres humains.
Ils sont méprisés et rejetés,
êtres de douleur, familiers de la souffrance.
Devant eux nous détournons nos visages.
Ils sont méprisés. Le monde ne fait d'eux aucun cas.

Ont-ils porté nos souffrances ?
Ont-ils supporté nos douleurs?
Nous les estimions touchés, frappés et humiliés.
Sont-ils meurtris à cause de nos fautes
et broyés à cause de nos iniquités ?
Cette sanction est-elle gage de paix pour nous?
Ces plaies nous apportent-elles la guérison?

Comme du bétail, nous avons erré.
Nous avons suivi chacun notre chemin.

Ils sont opprimés et affligés
Ils se taisent

choqués
terrifiés
affamés
en plein désarroi.

Ils sont retranchés de la terre des vivants.
Est-ce à cause de la révolte de ton peuple ?
Ils meurent sans sépulture
bien qu'ils n'aient pas commis de violence.
Faut-il qu'ils soient brisés par la souffrance,
pour que la justice soit dispensée à beaucoup,
et les fautes de beaucoup rachetées ?
pour qu'il y ait intercession en faveur des pécheurs ?

Entends-nous, ô Dieu,
Nous prions pour que finisse la souffrance,
par Jésus ton serviteur souffrant.

Amen.


AU PIED DE MON AFRIQUE CRUCIFIÉE
Par Léopold Senghor

"J'ai souvent prié avec les jeunes Soudanais qui souffrent à cause de la guerre civile, cette prière pour la paix de Léopoldo Senghor, homme de lettre du Sénégal." Guy Sirois, p.m.é.

Au pied de mon Afrique crucifiée depuis quatre cents ans et pourtant respirante
Laisse moi te dire, Seigneur, sa prière de paix et de pardon.
Seigneur Dieu, pardonne à l'Europe blanche!
Car il faut bien que tu pardonnes à ceux qui ont donné chasse à mes enfants comme à des éléphants sauvages.
Et ils les ont dressés à coups de chicote, et ils ont fait d'eux les mains noires de ceux dont les mains étaient blanches.
Car il faut bien que tu oublies ceux qui ont exporté dix millions de mes fils dans des maladreries de leurs navires, qui en ont supprimé deux cent millions.
Et ils m'ont fait une vieillesse solitaire parmi la forêt de mes fils et la savane de mes jours.
Et voilà que le serpent de la haine lève la tête dans mon cœur, ce serpent que j'avais cru mort! Tue-le Seigneur, car il me faut poursuivre mon chemin.
Ô bénis ce peuple. Seigneur, qui cherche son propre visage sous le masque et a peine à le reconnaître
Qui te cherche parmi le froid, parmi la faim qui lui ronge les entrailles
Et la fiancée pleure sa viduité, et le jeune homme voit sa jeunesse cambriolée
Et la femme lamente oh ! l'œil absent de son mari, et la mère cherche le rêve de son enfant dans les gravats.
O bénis ce peuple qui rompt ses liens, bénis ce peuple aux abois qui fait front à la meute boulimique des puissants et des tortionnaires.
Et avec lui tous les peuples d'Europe, tous les peuples d'Asie, tous les peuples d'Afrique et tous les peuples d'Amérique
Qui suent sang et souffrances.
Et au milieu de ces millions de vagues, vois les têtes houleuses de mon peuple.
Et donne à leurs mains chaudes qu'elles enlacent la terre d'une ceinture de mains fraternelles!


J'AI LE GOÛT D'APPRENDRE À DANSER...
Par Forest Hénault, p.m.é.

Je fais de l’arthrose à la hanche,
j’éprouve de la difficulté à marcher,
mais si je te disais, Seigneur,
que j’ai le goût d’apprendre à danser.

Ma voix devient rauque,
je me surprends à détonner,
quand même, Seigneur,
je continue à chanter.

Mes yeux sont moins bons,
ma vue est brimée,
ça ne fait rien, Seigneur,
je sais contempler les yeux fermés.

Mes oreilles sont plus dures,
elles se mettent à bourdonner,
toutefois, Seigneur,
c’est du dedans que je peux t’écouter.

J’ai les lèvres gercées,
néanmoins, c’est par un tendre baiser
que je veux m’unir, Seigneur de l’univers,
à son immensité.

Mes mains tremblent,
elles manquent de fermeté,
pourtant tu le sais bien, Seigneur,
j’ai encore beaucoup à donner.

En dépit de ma peau durcie,
de mon front ridé,
je l’avoue, Seigneur,
je reste un amant fou de l’été.

Mon cerveau subit son sort de sénilité,
je commence à radoter,
malgré tout, Seigneur,
c’est encore beau de rêver.

Quand la mémoire m’aura trahi,
quand je ne pourrai plus me rappeler,
je le sens, Seigneur,
mon coeur, lui, ne saura oublier.

Hélas, mon coeur à vieilli,
il n’est plus immaculé,
cependant, Seigneur,
c’est toujours doux de se savoir aimé.

Même avec un dos courbé, faut pas paniquer
si je marche penché, Seigneur,
c’est pour mieux regarder
cette terre où je reposerai.

J’ai de moins en moins d’amis, de parenté,
c’est toi, Seigneur, qui es venu les chercher.
Le temps venu, ne m’oublie pas, viens me trouver,
moi aussi je veux rigoler à la fête d’éternité !


SUR LES SENTIERS D'HUMANITÉ
Par Jean-Sébastien Villeneuve

Sur les sentiers d'humanité
Se tracent les pas de l'orphelin, de la veuve, du veillard.
Portée par le Vent,
Une voix s'écrie: "Porte-moi!"

Seigneur Père,

Tu es là sur nos sentiers d'humanité,
Solidaire de nos calvaires
D'humanité.

Tu vois l'opprimé, le désespéré;
Tu as faim et soif de notre espérance
D'humanité.

Par toute la terre s'entend Ton cri: "Porte-Moi!"
Porte-Moi à tes frères
D'humanité.

Oh oui! Te porter!
Dans nos coeurs, dans nos vies, dans nos croix
D'humanité.

Porter Ta Parole et Ton Pain,
Porter Ton Fils, notre Dieu et notre Frère
D'humanité.