Spiritualité missionaire / Méditation évangélique
 

Descendre du deuxième étage!
par Milagros Martínez

Inspirée par le livre des Actes des Apôtres, me vient l'image des disciples enfermés au deuxième étage de la maison, après la mort de Jésus. Même en sachant que Dieu avait ressuscité leur Maître, ils montèrent dans la chambre haute de la maison à Jérusalem où ils se retrouvèrent les portes fermées (Ac 1, 13-14).

Cette chambre haute était l'endroit le plus retiré, loin du monde et de son agitation. Parfois, nous sommes ainsi, nous restons loin de ce que vivent les gens.

Du deuxième étage, que voyons-nous?

De la chambre haute, si nous regardons par les fenêtres, nous voyons dans la rue des visages marqués par la faim et le désespoir, sur une terre où pourtant on ne devrait manquer de rien, parce qu'elle possède une richesse collective suffisante, capable de répondre aux besoins de tous les êtres humains.

Nous voyons des enfants abandonnés, des jeunes perdus, qui sont le visage du Christ souffrant aujourd'hui. Dans chaque jeune au chômage, dans chaque mère célibataire qui ne sait comment soutenir ses enfants, dans chaque femme discriminée et poussée à faire une vie qu'elle n'a pas choisie, une vie sans vie, nous trouvons là Jésus souffrant. Pourquoi? Parce que quelques-uns, des puissants, des personnes assoiffées de pouvoir, des manipulateurs, surnommés ici engañadores, des trompeurs, ont décidé d'être propriétaires de tout. Notre société exclut et marginalise.

Et je me demande : est-ce pour ces gens exclus et marginalisés que le Seigneur a envoyé l'Esprit Saint sur ceux qui étaient réunis dans la chambre haute de la maison afin qu'ils descendent dans la rue, que ce soit à Jérusalem ou au Brésil? N'est-ce pas pour continuer son œuvre et semer l'espoir que les disciples furent remplis des langues de feu?

La sortie est par là!

Il était alors nécessaire de quitter la chambre haute où ils se trouvaient (Ac 1, 13) et d'ouvrir les portes. Comme disciples, poussés par le souffle de Jésus, aujourd'hui plus que jamais, notre petit groupe missionnaire est appelé à ouvrir les portes et descendre du haut lieu de sa maison pour aller à la rencontre des gens.

Oui, sortir pour donner la vie à la vie sans vie! Les missionnaires ne sont pas plus aujourd'hui qu'hier, envoyés par eux-mêmes; ils sont poussés par le souffle "moteur" de l'Esprit.

Ce "moteur" a donné force et courage à Pierre, qui, debout sur la place publique, devant une foule venant de tous les horizons, élève la voix pour dénoncer: « Ce Jésus, cet homme... vous l'avez livré et supprimé en le faisant crucifier par la main des impies, mais Dieu l'a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort... » (Ac 2, 23-24).

Nous voulons rejoindre celui qui est encore aujourd'hui ligoté par les douleurs et dénoncer ceux qui, sans loi et sans cœur, veulent maintenir le Christ sur la croix, ici présent dans les pauvres et les marginalisés d'Amazonie.

Attention: ne sortez pas sans elle! Mais nous ne pourrions vivre cette option de sortir pour donner la vie à la vie sans vie, sans la vie fraternelle! Cela serait impossible. C'est pourquoi nous nous inspirons de ces mêmes disciples qui, fidèles à Jésus, après avoir reçu l'Esprit Saint et avoir éprouvé des moments délicieux avec le Maître, ne pouvaient pas vivre sans partager le pain...

« Ils étaient assidus à l'enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » (Ac 2, 42).

Le Christ nous appelle chaque jour à vivre dans la dure réalité de la vie mais les deux pieds sur le terrain et non pas dans la chambre du haut. Nous voulons continuer notre vie en ayant pour modèle l'expérience des premiers chrétiens : « Tous ceux qui étaient devenus croyants étaient unis et mettaient tout en commun. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, pour en partager le prix entre tous, selon les besoins de chacun. Unanimes, ils se rendaient au Temple, ils rompaient le pain à domicile, prenant leur nourriture dans l'allégresse et la simplicité du cœur. Ils louaient Dieu et trouvaient un accueil favorable auprès du peuple tout entier. » (Ac 2, 44-47).

Nous voulons avoir les portes grandes ouvertes à tous ceux et celles qui voudront participer à cette folie des disciples de témoigner du Christ par notre vie. De la même manière qu'un jour, nous avons laissé notre maison familiale pour faire partie de ce groupe missionnaire fraternel, nous sommes disposés à sortir chaque jour pour répondre à cet appel avec différents projets. D'origines différentes, le petit groupe missionnaire est uni dans cette foi dans le Christ qui donne son Esprit pour ouvrir les portes de la mission. Voilà comment nous vivons la Pentecôte chaque jour au Brésil!

Que le Seigneur soit béni, lui qui nous a montré cette terre et qui nous maintient avec son Souffle.

 

« Allez de toutes les nations... » (Mt 28, 19).