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Prisca et Aquilas, un couple missionnaire
par Ever et Silvia
« Saluez Prisca et Aquilas, mes collaborateurs en Jésus-Christ : pour me sauver la vie ils ont risqué leur tête ; je ne suis pas le seul à leur être reconnaissant, toutes les Églises du monde païen le sont aussi. » (Romains 16, 3-4)
C’est Paul l’apôtre qui fait ses salutations personnelles à la fin de cette longue lettre aux Romains. Il cite un bon nombre de personnes, certains juifs, une majorité de gentils, des femmes et des hommes de conditions sociales diverses, qui ont reçu l’annonce de l’Évangile et se sont mis au service du Royaume. Ce sont les collaborateurs et collaboratrices du converti de Damas.
Dans cette liste, nous trouvons Prisca et son conjoint Aquilas, des Romains d’origine juive. Comment ce couple fit-il la connaissance de Paul ?
Vers l’an 49 ou 50, l’Empereur Claude avait décrété que les Juifs, comme Prisca et Aquilas, devaient quitter Rome. Le couple décida de s’installer à Corinthe. Le texte du livre des Actes des Apôtres nous dit quelques mots sur la rencontre de Paul et ce couple exilé d’Italie : « Paul entra en relation avec eux [Prisca et Aquilas] et, comme il avait le même métier – c’était des fabricants de tentes – il s’installa chez eux et il y travaillait. » (Ac 18, 3-4). Nous savons que Paul y demeura un an et six mois. Prisca et Aquilas ont partagé le pain, leur toit et leur gagne-pain avec un missionnaire hors de l’ordinaire. Cela a changé leur vie bien plus que leur exil forcé de Rome.

Les auteurs, Ever et Silvia, devant un temple en Chine.
Accueillant et enseignant
C’est sans doute durant le séjour de Paul chez eux que Prisca et Aquilas ont accueilli la foi en Jésus, puisqu’ils ont accompagné l’apôtre à Éphèse pour fonder de nouvelles communautés (1 Cor 16, 19), puis à Rome (Rm 16, 3-5). En l’absence de Paul, ils soutiennent les nouveaux croyants et veillent à la croissance de la grâce qui « a été donnée dans le Christ Jésus » (1 Cor 1, 4). C’est leur maison d’Ephèse qui sert de lieu de réunion de la communauté chrétienne (1 Cor 16, 19).
Plus encore : la maison de Prisca et Aquilas est un lieu d’approfondissement de la foi. En effet, Apollos, juif originaire d’Alexandrie, arrive à Ephèse et se met à parler de Jésus, bien qu’il en ait une connaissance partielle. Il est bien possible qu’Apollos soit de ceux qui n’ont pas entendu parler de l’Esprit Saint, comme c’était le cas d’autres disciples (ex. Ac 19, 1-7). Tout de suite, reconnaissant la ferveur d’Apollos, Prisca et Aquilas le prennent chez eux pour lui présenter plus exactement la voie de Dieu. Avec les autres membres de la communauté chrétienne d’Éphèse, le couple approuve la démarche d’Apollos d’aller aider les croyants en Achaïe dans leur affirmation de foi en Jésus, le Messie.
Au risque de leur vie
Paul n’hésite pas à souligner l’apport unique de Prisca et Aquilas dans sa vie missionnaire : « ils ont risqué leur tête pour le sauver » (Rm 16, 3-4). On reconnaît bien ici la marque du chrétien disciple de Jésus : donner sa vie pour les autres. Ce ne sont pas les intérêts économiques ou le statut social qui sont le plus important : c’est le don de soi pour les autres et l’annonce de l’Évangile. Et Paul signale que toutes les communautés chrétiennes issues du monde païen sont reconnaissantes envers ce couple missionnaire.
Aujourd’hui aussi…
Nous pouvons identifier plusieurs Prisca et Aquilas d’aujourd’hui qui ont laissé leur milieu par amour de Jésus-Christ et qui vivent leur rêve missionnaire avec la Société des Missions-Étrangères du Québec. Accompagnant des communautés marginalisées, Chan-
tale et Edilberto sont au Brésil, partageant le quotidien avec des personnes qui, n’ayant aucune terre pour se bâtir une maison, ont envahi un terrain vague pour avoir une place au soleil. Au service de l’animation et du témoignage missionnaire au Québec, Jocelyne et Richard offrent leur temps et leurs talents pour partager le charisme missionnaire et la croissance de la grâce de Dieu chez les personnes. Au Cambodge, Marie-Laure et René offrent pension, formation humaine et spirituelle à des jeunes étudiants dans une atmosphère communautaire.
Oui, les couples missionnaires peuvent se consacrer aux services des autres, particulièrement des pauvres et des petits, spécialement lorsque ceux-ci n’ont aucun autres recours.
Milieu non chrétien
Il est bon de souligner que Priscille et Aquilas ont vécu leur vie missionnaire dans des milieux où d’autres dieux étaient adorés et où le système politique déterminait la religion officielle. Par exemple, il y avait à Ephèse un temple dédié à la grande déesse Artémis, adorée par l’Asie et le monde entier (cf. Ac 19, 27). Il y avait donc une religion d’Etat. Les chrétiens étaient méprisés et persécutés, particulièrement si il refusait de considérer l’empereur comme un dieu.
Ils vivaient dans des petites communautés, où des hommes et des femmes fortifiaient leur foi en établissant des relations de fraternité. Leur apport a été si considérable que Paul écrira que toutes les Églises d’Asie leur en sont reconnaissantes.
Comme couple missionnaire, nous sommes aussi en Asie, mais à l’autre extrémité. Nous vivons en Chine, pays où le christianisme est minoritaire, où l’Église est divisée pour des raisons politiques et où beaucoup de chrétiens sont poursuivis pour leur désobéissance aux décrets du parti communiste. Dans ce lieu, nous ne pouvons pas proclamer notre foi de manière ouverte ou effectuer un travail social concret. Notre présence missionnaire se vit dans le quotidien, dans la rencontre des personnes avec lesquelles nous partageons des valeurs humaines.
Nous sommes encouragés à vivre du même esprit missionnaire que celui de Prisca et Aquilas et d’autres couples missionnaires d’hier et d’aujourd’hui : ouvrir notre maison et surtout notre coeur pour accueillir ceux et celles qui cherchent la vérité et la justice.
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