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MA PROFESSION ÉTAIT UN DON DE DIEU
Entrevue réalisée par Brice Davakan et Sophie Lavigne.
Elle fait le tour de la condition humaine
En six ans, comme travailleuse sociale, Silvia avait pu faire le tour
de la condition humaine : assistance aux handicapés physiques, encadrement
des enfants de la rue, soutien aux femmes battues, filles orphelines, cas sociaux.
" J'ai compris que dans ma profession, je vivais la foi ", nous révèle
Silvia.
Son implication missionnaire chez elle
Dans son Argentine natale, on s'intégrait dès l'âge de huit
ans aux activités paroissiales, dans une ambiance où toutes les
familles et tous les individus se voient attribuer des rôles dans la paroisse.
Silvia trouvait donc naturel son implication missionnaire dans son pays,
où il fallait assister des paysans, pour la plupart analphabètes,
pour trouver des solutions à toutes leurs difficultés sociales.
Mais la nuance, pour la jeune Silvia, c'était de découvrir qu'il
y avait des valeurs essentielles qui se retrouvaient chez les croyants comme chez
les non croyants : elle se surprit à sentir une solidarité profonde
avec les amérindiens de son pays, sans aucune référence à
leurs croyances. " J'avais compris que ma profession de travailleuse sociale
est un don de Dieu
Pourquoi ne pas faire ça toute ma vie? "
Silvia rayonnait quand elle nous parlait de son engagement. Elle se sentait très
aimée de Dieu et voulait partager. " Dieu est amour, et c'est l'amour
que j'ai reçu toute ma vie. J'ai connu des moments difficiles aussi, mais
ce qui me touche le plus, c'est les chances que j'ai eues "
Partager sa joie, son bonheur, l'amour
Silvia est prête à tout cela, même en Chine. Le jour où
elle a appris que ce pays serait son lieu de mission, elle voulait partir le "
lendemain même "! Mais aujourd'hui elle appréhende de plus en
plus le défi que constitue le fait de vivre la foi chrétienne même
la plus personnelle, en pays communiste. Silvia s'est donc résolue à
une seule chose : vivre des valeurs différentes. " Je me suis dit
qu'il y a des valeurs essentielles, comme l'amour, la solidarité, le service
des autres
qui ne sont la propriété d'aucune religion. C'est
d'ailleurs des choses que je faisais dans ma profession et en Chine, je ferai
la même chose "
C'est universel ici !
Voilà pourquoi, fidèle à elle-même, quand la jeune
Argentine était débarquée à Montréal pour sa
formation missionnaire, elle fut fortement impressionnée la première
fois qu'elle pris le métro : " les gens y parlaient toutes les langues.
J'y ai vu des gens de toutes les couleurs et toutes les races et je me suis dit
: c'est universel ici ! Toute la terre peut donc vivre en paix ! "
Jean Guy Dupont, p.m.é.
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