Solidarité / Comprendre notre monde

Chronique de solidarité internationale

L'EAU N'EST PAS À VENDRE

Pour réduire sa dette insoutenable, le Ghana a signé avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) des accords contraignant le gouvernement à supprimer tous les subsides aux secteurs de l'eau et d'imposer des tarifs destinés à couvrir les coûts d'exploitation de tous les services publics. Le prix de l'accès à l'eau potable a doublé, malgré le fait que 60% de la population ne gagne même pas un dollar par jour et que 35% des gens n'ont pas accès à cette ressource vitale. Dans plusieurs pays africains, l'eau est devenue une marchandise hors de prix pour la population appauvrie. Le FMI a suspendu son appui aux gouvernements qui refusent de privatiser l'eau le plus rapidement possible et à la Banque mondiale, " pas de privatisation de l'eau, pas de prêts ! "

En dix ans, trois multinationales ont pris le contrôle de la gestion de l'eau potable dans cent pays avec un marché de 300 millions de personnes : Vivendi et Suez de France et Thames Water d'Angleterre. Il s'agit d'un marché de 500 milliards de dollars, qui pourrait atteindre en quelques années plus de 3,000 milliards. Les municipalités du Canada sont tentées de recourir au privé pour couper dans les prix élevés de la gestion de l'eau. Moncton, Halifax et Hamilton l'ont déjà fait. Le Canada demeure une cible de choix pour l'industrie de l'eau.

L'eau apparaît à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et dans l'Accord de libre échange nord-américain (ALENA) comme un produit commercialisable. Les États-Unis veulent soumettre nos réserves d'eau aux accords de libre échange. La population québécoise doit surveiller le gouvernement Charest qui lorgne avec sympathie du côté du privé, pour empêcher toute privatisation dans le domaine vital de l'eau potable. L'eau est un droit humain et non une marchandise.

Participons aux Journées québécoises de la solidarité internationale de novembre, dont le thème sera : l'eau pour tous, tous pour l'eau !


Claude Lacaille, p.m.é. le 14 OCTOBRE 2003
Cette chronique paraît dans la Gazette Populaire de Trois-Rivières
redaction@lagazettepopulaire.com

Consultez nos chroniques internationales antérieures

 —  AU CHILI, LE PASSÉ NE PASSE PAS
      Trente ans après le coup d'État militaire (septembre 2003)

 —  LA QUATRIÈME GUERRE MONDIALE NE FAIT QUE COMMENCER
      la stratégie impériale américaine (mai 2003)

—  LA GUERRE À LA TÉLÉ,
      un film d'Hollywood avec ses bons et ses méchants (avril 2003)

—  L'ONU EST-ELLE MENACÉE DE DISPARITION?
      Les Nations-Unies, un instrument incontournable pour la paix mondiale. (mars 2003)

—  MENTEZ, MENTEZ, IL EN RESTERA TOUJOURS QUELQUE CHOSE!
      La désinformation comme arme de guerre. (février 2003)

—  UN MENSONGE, MÊME RÉPÉTÉ MILLE FOIS, N'EST JAMAIS UNE VÉRITÉ
      La guérilla médiatique au Venezuela. (janvier 2003)

—  UNE COUVERTURE PERFIDE
      Les agissements terroristes de Sharon et Poutine. (décembre 2002)

—  KYOTO : LES LEÇONS DU PASSÉ
     Faut-il en craindre les coûts?(novembre 2002)