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Mariages gais : une question

par Eloy Roy

Au Canada, le débat sur les mariages gais est de plus en plus houleux. Je ne serais pas surpris que cela prenne la tournure d’un véritable petit tsunami.

Pourtant, il me semble qu’une bonne partie de l’opinion publique serait disposée à accepter que les couples de même sexe puissent s’unir civilement comme conjoints par un contrat qui aurait une valeur juridique égale à celle du mariage. À une seule condition cependant : que cette union ne porte pas le nom de mariage. Non par hypocrisie, mais parce que le mot « mariage », qui renvoie depuis la nuit des temps à l’union de l’homme et de la femme, ne peut simplement pas — à moins qu’on en change la définition — désigner l’union de personnes de même sexe.

Il s’agirait alors d’accorder aux personnes homosexuelles tous les droits qu’elles réclament, mais en prenant soin de ne pas confondre oranges et mandarines. Car le fait que deux réalités se ressemblent ne les rend pas forcément identiques. Et le reconnaître n’est pas discriminatoire, mais juste.

Il est vrai qu’il y eut un temps où les relations entre personnes de même sexe allaient de soi. Combien d’hommes et de femmes dans l’histoire, souvent parmi les plus grands, ont vécu leur homosexualité ouvertement sans que personne ne s’en formalise?

Ce fut le cas dans des cultures aussi sophistiquées que celles de la Chine, du Japon et de l’Inde. Chez les Grecs et les Romains, les dieux eux-mêmes, pourtant dûment mariés, affichaient de la façon la plus ostentatoire leurs amours homosexuelles.

Puis le vent a tourné pour les raisons que l’on sait. Maintenant, voici ma question : dans ces cultures sophistiquées où le mariage co-existait en harmonie avec l’homosexualité, est-ce que les personnes de même sexe se mariaient au même titre que les personnes hétérosexuelles…? Les empereurs homosexuels, qui avaient l’autorité des dieux, auraient pu changer la définition du mariage afin de pouvoir épouser leurs amants aussi bien que leur impératrice, leurs autres conjointes ou concubines; certains sont allés jusqu’à déifier leurs mignons, mais aucun, que je sache, ne les a mariés. Qu’est-ce qui aurait bien pu les en empêcher?... Je me le demande.

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