Solidarité / Comprendre notre monde

Chronique de solidarité internationale

L'ÉCONOMIE WAL-MARTYRISÉE

Depuis 1994, la multinationale américaine s'est attaquée au Canada avec 220 magasins, 60 000 travailleuses et travailleurs et 70 000 produits. Faut-il se réjouir de la présence chez nous de la plus grosse compagnie au monde, dont le chiffre d'affaire atteint les 255 milliards ?

A quel prix les plus bas prix ?

La formule est simple : baissez vos prix le plus possible, étranglez les marchands locaux, obligez vos fournisseurs à couper dans leurs prix et cherchez la main d'œuvre dans des pays où les droits du travail sont bafoués, et " la madame sera bien contente ! " Sauf que dans cette logique, la même madame consommatrice verra disparaître son emploi ou celui de milliers de Canadiens, jugés trop coûteux.

Wal-Mart et ses 65 000 fournisseurs fuient l'Amérique pour produire dans les pays où la main d'œuvre est sous-payée, non organisée et abondante : Mexique, Guatemala, Haïti, Lesotho, Bangladesh, Inde, Indonésie, Birmanie et maintenant la Chine. Là où une travailleuse canadienne gagne 8 dollars l'heure, une Mexicaine ne touche que 0.75$ et une Indonésienne 0.10$. Selon le Congrès national du travail des États-Unis, durant la période précédant Noël, trois millions de travailleuses et travailleurs sont enfermés dans 2,800 usines chinoises. Majoritairement des jeunes femmes, ces personnes travaillent quinze heures par jour, sept jours par semaine, pour 0.12$ de l'heure. Dans des conditions inhumaines, elles produisent pour Wal-Mart les décorations, les jouets, les vêtements de l'Amérique opulente. En Chine, Wal-Mart refuse systématiquement de dévoiler où se trouvent ses centres de production et ses fournisseurs.

Consommation responsable

Érika a écumé magasins et boutiques pour s'acheter une robe à l'occasion de son mariage. Elle posait une condition : que ce ne soit pas un produit de l'exploitation des femmes en Asie. N'en trouvant pas, elle a porté un vêtement qu'elle possédait déjà, par solidarité. Chapeau Érika ! Tu nous apprends à magasiner avec conscience. Ces grands prédateurs ne seront jamais des éléments de développement durable pour nos régions. Choisissons notre monde !



Claude Lacaille, p.m.é. le 15 novembre 2003
Cette chronique paraît dans la Gazette Populaire de Trois-Rivières
redaction@lagazettepopulaire.com

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