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Chronique de solidarité internationale
LA GUERRE À LA TÉLÉ, un film d'Hollywood avec ses bons et ses méchants
Que croire des images passées en boucle sur toutes les chaînes
: des troupes dans le désert, des édifices éventrés
affichant des portraits de Saddam, des bombes fulgurantes, des nuages de fumée.
Un char d'assaut ouvre facilement deux riches portes de bois sculptées
derrière lesquelles se découvre un palais vide; une statue du dictateur
est déboulonnée devant quelques dizaines de citoyens devant l'hôtel
Palestine où loge la presse internationale. On nous vend une guerre
humanitaire en occultant les innombrables victimes et les horreurs vécues
par les civils. Jamais de victimes, de sang, ni de cris, surtout pas de cadavres
de soldats alliés. Bush veux s'assurer de l'appui de sa population en nous
montrant des libérateurs impatiemment attendus.
Al-Jazira a publié des photos de soldats américains tués
ou prisonniers et des hôpitaux où des victimes civiles gisaient dans
leur sang. On a pu y voir des dommages collatéraux comme ces deux camions
derrière l'hôpital de Hilla, bondés de cadavres déchiquetés
d'enfants et de femmes, victimes des bombes de fragmentation alliées. On
y a compté 450 blessés et 60 morts. Ces bavures des boys sont
des crimes de guerre et des assassinats. Après avoir tiré sur Al-Jazira
à Bagdad, les États-Unis viennent de lui retirer son accréditation
à la Bourse de Wall Street : une autre bavure ?
Au Réseau de l'information (RDI), on a relayé systématiquement
tous les points de presse de Bush, de Rumsfeld, de Powell et du Pentagone. Grands reportages a transmis de véritables publicités du Pentagone. Christine
St-Pierre de Radio-Canada a présenté de Washington un reportage
sur la situation à Bagdad. Et Jocelyne Cazin de s'exclamer à TVA,
lors du déboulonnement de la statue: " Je viens de revivre l'émotion
de la chute du mur de Berlin ! " On avait l'impression d'assister à
un film d'Hollywood avec ses bons et ses méchants ou a un match du Super-Bowl.
Les télés nord-américaines se sont soumises docilement
à cette fabulation, illustrant l'affirmation du vieux lion Churchill :
" En temps de guerre, la vérité est si précieuse qu'elle
devrait toujours être escortée d'un garde du corps de mensonges.
"
Claude Lacaille, p.m.é. le 18 avril 2003
Cette chronique paraît dans la Gazette Populaire de Trois-Rivières
redaction@lagazettepopulaire.com
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