Solidarité / Comprendre notre monde

Chronique de solidarité internationale

L'ONU EST-ELLE MENACÉE DE DISPARITION ?

Les États-Unis constituent LA grande puissance et ses décisions s'imposent partout. Superman Bush s'est retiré de la Cour pénale internationale; il a rejeté les accords sur les changements climatiques, sur la prohibition des essais nucléaires, sur les mines antipersonnel et sur les droits de l'enfant; il a fait expulser Mary Robinson, ex-première ministre d'Irlande, de son poste au Haut commissariat pour les droits humains aux Nations Unies. Les États-Unis continuent de refuser leur participation à l'UNESCO et de payer leurs arrérages à l'ONU. Les rapaces de Washington ont choisi de demeurer à l'intérieur de l'Organisation pour mieux la torpiller et la soumettre à leurs intérêts. Étant donnée sa supériorité militaire, le gouvernement américain se croit responsable de maintenir l'ordre dans le monde et de rejeter tout ce qui fait obstacle à son rôle de police mondiale.

Mais si Bush est décidé à mener une guerre contre l'Irak seul et sans l'accord des Nations Unies, pourquoi donc nous imposer ce cirque diplomatique pour obtenir la bénédiction du Conseil de sécurité ? Pots-de-vin en milliards de dollars promis aux collaborateurs, bras tordus aux récalcitrants français ou turcs, guinéens ou chiliens, tout a été mis en œuvre pour recouvrir d'un verni de légitimité une agression criminelle.

Beaucoup croient entendre sonner le glas de l'Organisation des Nations Unies, à cause de son incapacité de contrôler efficacement les conflits dans le monde. Une action militaire unilatérale de la part des États-Unis risque en effet de laisser le champ libre à d'autres États voyous pour attaquer impunément leurs ennemis. Cependant les Nations Unies demeurent et resteront l'instrument international incontournable pour bâtir un nouvel ordre planétaire. L'opinion publique mondiale, qui se manifeste massivement contre cette guerre, doit viser à renforcer l'ONU et les autres institutions internationales et s'assurer que celles-ci ne soient pas manipulées ou simplement ignorées par les pays les plus puissants au détriment des plus faibles. Alors ces organisations pourront remplir efficacement leur rôle au service de la paix et de la justice.

Peut-être verra-t-on un jour les faucons de la Maison Blanche jugés par la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité. En attendant ce jour, disons-leur NON.

Claude Lacaille, p.m.é. le 18 mars 2003
Cette chronique paraît dans la Gazette Populaire de Trois-Rivières
redaction@lagazettepopulaire.com

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