Solidarité / Comprendre notre monde

Chronique de solidarité internationale

MENTEZ, MENTEZ,
IL EN RESTERA TOUJOURS QUELQUE CHOSE !

Le mensonge a toujours été une arme redoutable pour faire la guerre. On cherche à présenter l'adversaire comme l'incarnation du mal et montrer ainsi les nobles intentions des agresseurs. C'est ainsi que le général Colin Powell a brandi au Conseil de sécurité des Nations Unies un dossier à charge contre Saddam Hussein. Ce document de 19 pages, présenté d'abord à Londres par le premier ministre Tony Blair, est composé de citations de documents publics écrits il y a 12 ans lors de la guerre du Golfe ! Il n'y a aucune preuve solide dans ce document, mais le show continue.

Durant la guerre du Viêt-nam, le président Johnson cherchait une justification pour lancer une campagne intensive de bombardements contre Hanoï qui aidait et soutenait la guérilla dans le sud du pays. Le prétexte fut trouvé lorsque deux destroyers étasuniens qui s'étaient approchés des côtes du Nord Viêt-nam dans le golfe du Tonkin se crurent attaqués par des vedettes lance-torpilles. Cet incident permis à Lyndon Johnson d'obtenir du Congrès à Washington les pleins pouvoirs pour intensifier la guerre et attaquer le Nord Viêt-nam. Aujourd'hui, on sait que les destroyers n'avaient jamais été attaqués; ils avaient été victimes d'une tempête tropicale qui avait détraqué leurs sonars. Mais Johnson avait trouvé son prétexte.

À l'automne 1990, aussi bien le Congrès des États-Unis que le Conseil de sécurité des Nations Unies étaient réticents à déclencher une intervention militaire en riposte à l'invasion du Koweït par l'armée de Saddam Hussein. Des médias ont alors commencé à relater des atrocités qui auraient été commises par l'armée irakienne à leur arrivée au Koweït. On racontait que les soldats avaient retiré 312 bébés de leurs incubateurs pour les abandonner à une mort certaine sur la sol glacé d'un hôpital de Koweït City. Devant les caméras, une jeune Koweïtienne de 15 ans témoignait de son calvaire de façon poignante. On sait aujourd'hui qu'il s'agissait de la fille de l'ambassadeur koweïtien à Washington, présentée sous une fausse identité. Son témoignage et toute cette campagne mensongère avaient été fabriqués de toute pièces avec l'aide d'une firme de communication publique. L'émotion suscitée par ce mensonge permit à George Bush, père, d'arracher l'appui du Congrès et des Nations Unies pour déclencher la guerre du Golfe.

Nous sommes présentement soumis à une campagne de mensonges et d'intimidation pour justifier une agression contre l'Irak qui camoufle très mal les véritables intentions de Washington. Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage.

Claude Lacaille, p.m.é. avec la collaboration de Luc Dufresne, le 18 février 2003
Cette chronique paraît dans la Gazette Populaire de Trois-Rivières
redaction@lagazettepopulaire.com

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