Solidarité / Comprendre notre monde

Chronique de solidarité internationale

UNE COUVERTURE PERFIDE

Depuis le 11 septembre 2001, la lutte au terrorisme occupe la place centrale dans le discours des dirigeants politiques et constitue une source d'inquiétude parmi les populations. Ce climat de panique fait en sorte qu'on adopte presque sans opposition des mesures qui, en d'autres temps, auraient provoqué de fortes résistances. Il suffit de brandir l'épouvantail de la menace terroriste pour qu'aussitôt tout un chacun se taise et se soumette. "Qui n'est pas avec nous est contre nous" répète Bush.

Malheureusement, la lutte antiterroriste sert de prétexte pour camoufler des entreprises mafieuses. Ariel Sharon en Palestine et Vladimir Poutine en Tchétchénie sont tous deux les auteurs d'opérations menées en toute impunité sous couvert de lutte au terrorisme. Qu'il y ait aussi bien chez les Palestiniens que parmi les Tchétchènes des terroristes qu'il faut combattre et neutraliser, c'est évident. Mais il suffit de consulter les rapports d'organismes comme Amnistie internationale ou Human Rights Watch pour réaliser qu'il s'agit de guerres d'agression qui visent à soumettre par la terreur des populations entières.

En prétendant cibler les terroristes, on déploie des attaques militaires dont les victimes sont des civils. En Palestine, l'armée israélienne s'acharne à détruire l'administration civile qui devrait éventuellement servir à la création de l'État palestinien et à occuper dans le sang les terres palestiniennes. En Tchéchénie l'armée russe procède méthodiquement à la destruction complète des agglomérations susceptibles d'abriter des combattants.

De tels assauts qui seraient à juste titre dénoncés comme terroristes s'ils étaient le fait d'un Saddam Hussein ou d'un Mouhamar Kadhafi, deviennent acceptables dès lors qu'ils sont menés par des alliés des États-Unis sous la couverture de la guerre au terrorisme. Une telle délinquance de la part d'États qui se comportent comme des voyous criminels prolifère à cause du silence lâche de la communauté internationale et de la complicité honteuse de la plupart des médias.

Je voudrais bien écrire que pour Noël nous aurons un monde assagi, pacifique, juste et fraternel, mais ce sera pour l'an prochain sans doute. Je vous souhaite donc une ESPÉRANCE DURABLE ET ENTÊTÉE COMME LA VIE.

Claude Lacaille, p.m.é. avec la collaboration de Luc Dufresne
le 18 décembre 2002
Cette chronique paraît dans la Gazette Populaire de Trois-Rivières
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