Solidarité / Comprendre notre monde

Chronique de solidarité internationale

KYOTO : LES LEÇONS DU PASSÉ

Après avoir longtemps tergiversé, le gouvernement canadien s'est finalement engagé à ratifier le protocole de Kyoto sur les émissions de gaz à effets de serre. Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines. Des groupes puissants et riches cherchent encore à vider nos engagements de toute substance et l'adoption d'un programme d'action risque de s'embourber dans les querelles de juridictions entre Ottawa et les provinces. Comme dans beaucoup de dossiers environnementaux précédents, on brandit les coûts économiques faramineux qu'impliqueraient des mesures énergiques et on met en doute les dangers à long terme qui en commandent l'adoption.

C'est oublier un peu rapidement quelques-unes des leçons que nous ont laissées nos expériences passées. Ainsi les experts nous mettaient jadis en garde contre les risques que présentait le volume considérable de la pêche à la morue sur les côtes de l'Atlantique. Faute d'accords internationaux ainsi que devant les pressions des groupes qui s'opposaient aux mesures de restriction en évoquant les mêmes arguments avancés aujourd'hui à propos de Kyoto, on a laissé aller les choses de telle sorte que maintenant la ressource et l'activité économique qu'elle générait sont pratiquement disparues, ne laissant derrière que des problèmes économiques et sociaux catastrophiques. Au Québec, il y a vingt ans, lorsqu'on s'est décidé de contraindre les papetières à réduire drastiquement la pollution qu'elles occasionnaient dans l'air et dans l'eau, on nous a prédit, là encore, un désastre. Non seulement il n'en a rien été mais les papetières ont même tiré profit de l'opération tout en favorisant le développement d'une expertise québécoise profitable de dépollution et de protection de l'environnement.

Si certains de nos dirigeants politiques et économiques ont oublié ces leçons du passé, il appartient aux citoyens de leur rappeler et d'éviter que nous, ou nos enfants, ne payons le fort prix pour leur manque de vision et de courage.

Claude Lacaille, p.m.é.
avec la collaboration de Luc Dufresne
Trois-Rivières, le 19 novembre 2002