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PAR OÙ COMMENCE NOTRE MISSION
EN AMÉRIQUE DU NORD ?
Les paroisses sont absorbées à se réorganiser. Le vêtement
de l'Église est devenu trop grand après la cure d'amaigrissement
qui l'a fait fondre depuis trente ans. Maintenant, par où commence notre
mission dans la société nord-américaine où nous sommes
enracinés ?
Le meilleur pays du monde ?
Au Canada, nous reposons sur le flanc de l'unique grande puissance mondiale, laquelle
impose sa logique violente partout : 86% de notre économie dépend
du marché étasunien. Nous défendons bec et ongles notre niveau
de vie élevé, notre droit de consommer et de polluer. Avec les sept
Grands, nous fixons les règles de l'économie mondiale, contribuant
à exclure des continents entiers par des ajustements structurels qui condamnent
des milliards à crever. Chez nous, les stars sont adorées, les gagnants
sont nos idoles, seuls les meilleurs ont droit de cité. En face, je vois
défiler la masse des exclus : travailleuses et travailleurs précaires
et appauvris, prestataires de l'aide sociale, femmes victimes de violence, enfants
pauvres, sans-logis, itinérants, vieillards improductifs. Nos frontières
se ferment aux réfugiés. Les forêts sont rasées et
l'eau est source de profit. L'individualisme détrône la solidarité,
au plus fort la poche.
Une Église en état d'apostasie
Comme Pierre, les disciples d'aujourd'hui sommes installés dans la cour
du palais et nous nous réchauffons au feu douillet d'un système
injuste, violent et cruel, pendant que Jésus est torturé et que
ses cris tragiques parviennent à nos oreilles. " Je ne sais même
pas de quel homme vous parlez. " Comme Pierre, nous voulons suivre Jésus
jusqu'au bout, mais nous l'avons abandonné par notre mode de vie. Nous
sommes inconscients, mais pas innocents. Nous nous tenons à l'écart
- c'est le sens du mot apostasie. Jésus est abandonné par les siens
! " Croyez-en ma parole, chaque fois que vous n'avez rien fait pour venir
en aide ne serait-ce qu'à un seul de ces petits, c'est à moi que
vous n'avez rien fait. "
Que le coq chante !
" Un coq chanta. Pierre se rappela de ce que lui avait dit Jésus et
il éclata en sanglots. " Les larmes de Pierre marquent son éveil,
sa conversion, son retournement; c'est à ce moment qu'il devient vraiment
disciple. Nous en sommes là comme Église : nous rappeler les paroles
de Jésus et confesser que nous l'avons abandonné. Il n'y aura pas
de mission en Amérique du Nord sans une rupture radicale avec le système
dominant. C'est Dieu ou l'Argent : nous ne pouvons continuer à servir deux
maîtres. Le temps est à la repentance, au silence et aux choix déchirants.
Alors seulement la mission pourra commencer, car nous aurons retrouvé le
Souffle du ressuscité pour annoncer qu'un autre monde est possible.
Claude Lacaille, p.m.é., septembre 2003
Le décalogue d'Assise(mars
2003)
Un engagement pour la paix de 200 représentants
religieux du monde
Les lendemains de Bagdad (octobre 2002)
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Bénédiction maternelle (janvier
2003) Relecture de Genèse 18 et 21
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