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D'OÙ VIENT LA ZLÉA ?
Par Jean Ménard et Nelson Tardif
en collaboration avec le Groupe de théologie contextuelle québécoise (1)
À l'occasion de la présente campagne nationale de sensibilisation
et de conscientisation à propos du projet d'accord sur la Zone de libre-échange
des Amériques (ZLÉA) qui pourrait être signé en 2005,
des centaines de militants et militantes parcourent la province pour informer
la population sur les différentes facettes et les possibles conséquences
de cet accord. Nous avons pensé qu'il pourrait être pertinent de
présenter ici quelques jalons historiques qui devraient permettre de mieux
situer la ZLÉA dans le développement séculaire du système
capitaliste.
Trois questions se posent :
1- D'où vient le capitalisme ou quelles sont les principales théories
qui ont présidé au façonnement de ce régime économique
jusqu'à nos jours?
2- Où se situe la ZLÉA dans la trajectoire du développement
du capitalisme ?
3- Où allons-nous avec cette logique ?
Pour les deux premières questions, nous recourrons à l'histoire,
mais pour la troisième, seule la solidarité internationale nous
permettra de trouver des réponses et de bâtir des alternatives qui
soient à la hauteur de l'humanité.
Nous voudrions essayer ici de camper et d'expliquer le contexte historique
qui nous a conduit à la négociation de la Zone de libre-échange
des Amériques (ZLÉA). Il s'agit de mieux comprendre la logique qui
se profile derrière cette nouvelle étape du processus de libéralisation
économique.
Le 11 septembre 2001 a bouleversé la conjoncture mondiale. On peut penser
par exemple au développement obsessionnel de la lutte antiterroriste aux
États-Unis surtout mais aussi au Canada avec l'adoption des lois C-36 et
C-42 ; à l'augmentation, aux États-Unis, encore, des budgets militaires
aux dépens des politiques sociales ; au nouveau type de guerre qui s'est
déroulé en Afghanistan, non pas contre un pays, mais contre des
individus cachés dans des cavernes et avec de nombreux " dommages
collatéraux ", un euphémisme visant à minimiser les
souffrances encourues par les populations civiles ; à la faillite, en Amérique
du Nord, de nombreuses entreprises, surtout dans les secteurs liés à
l'aéronautique, etc. Le 11 septembre a fourni un prétexte inattendu
à la mise en uvre de plans déjà existants visant la
suprématie militaire et économique mondiale des États-Unis.
(2)
C'est au début des années quatre-vingt que les choses ont vraiment
commencé à changer profondément dans le monde avec l'arrivée
au pouvoir de Margaret Thatcher, en Angleterre, et de Ronald Reagan, aux États-Unis.
La Dame de fer a commencé à dénationaliser, c'est-à-dire
à privatiser les grandes entreprises d'État et Reagan s'est attaqué
à l'État-providence, a tenté de casser les syndicats (celui
des pilotes de l'air, par exemple) et a entrepris d'abolir les frontières
économiques pour laisser la bride sur le cou à un Capital en quête
de plus vastes "pâturages", tous signes avant-coureurs de l'énorme
vague qui déferle encore aujourd'hui sur le monde entier et qu'on nomme
le néolibéralisme.
En d'autres mots, c'est avec la victoire de ces représentants du courant
néolibéral que nous sommes entrés dans une nouvelle période
historique du développement du capitalisme.
Il est ici nécessaire de faire un peu d'histoire pour comprendre quelles
sont les principales idées qui ont structuré notre système
économique, c'est-à-dire notre mode de production capitaliste. Commençons
par le XVIIIe siècle, au moment où le libéralisme économique
prend son essor.
Le libéralisme
Premièrement, il y a l'idée de LIBRE MARCHÉ. Adam Smith
(3), le père de la théorie capitaliste, a cru voir dans le marché
le mécanisme régulateur universel et infaillible capable d'ordonner
et de structurer toute l'activité économique et, par le fait même,
tout le corps social . (4)Il lui reconnaissait un caractère naturel, à
la manière, par exemple, de la loi de la gravité, découverte
par Newton. En d'autres mots, la mise en concurrence libre, sur le marché,
de tous les intérêts personnels "parfaitement égoïstes"
comme le dit Smith, était supposée déterminer le meilleur
prix possible pour le vendeur et pour l'acheteur, stimuler la production et, par
là, accroître la richesse de la nation et ainsi le bien-être
général. C'est sur un tel présupposé que repose le
statut donné à la loi de l'offre et de la demande à laquelle
on pensait pouvoir confier la conduite de l'économie et même de la
société.
Il y aurait ainsi quatre éléments fondamentaux à la base
de la science économique moderne:
1- le désir égoïste de chacun d'améliorer son sort;
2- la soif du gain, du profit, à n'importe quel prix;
3- le marché, régi par la loi de l'offre et de la demande qui exige
la libre concurrence;
4- et le droit sacré à la propriété privée.
Que penser du principe de libre marché?
Le libre marché, comme liberté totale et sans contrôle,
est une liberté fictive. Cela ressemble à l'histoire du renard libre
dans un poulailler libre. Le loup et l'agneau ne peuvent signer un pacte de libre
marché qui signifie, de fait, dans le contexte d'inégalité
où ils se trouvent, un laisser-passer pour l'agression. Actuellement, dans
le monde économique, c'est la loi du plus fort qui s'impose, pour ne pas
dire la loi de la jungle. Le marché laissé à lui-même
n'a aucune pitié à l'égard des plus faibles. Ce qui est vrai
à l'intérieur d'un pays l'est également entre les pays. Les
pays riches imposent aux pays pauvres l'ouverture de leurs marchés. On
se mange même entre riches. Nous le constatons aujourd'hui dans nos rapports
avec les États-Unis à propos du bois d'oeuvre. Au Canada, la surtaxe
imposée par nos voisins a déjà commencé à produire
des faillites et nous parlons malgré tout de "libre"-échange.
C'est ainsi que le système exclut du marché les petits et les moyens
producteurs en concentrant la richesse produite comme c'est le cas pour les entreprises
multinationales qui, organisées en oligopoles, contrôlent des secteurs
entiers de l'économie (5) et imposent leurs prix. Et on ose nous parler
de "LIBRE" MARCHÉ!
Le libre-échange
Deuxièmement, en plus de l'idée de marché, toujours au
XVIIIe siècle, David Ricardo, un disciple de Smith, fit la promotion de
l'idée de libre-échange. Cela devait conduire à l'abolition
pure et simple, en Angleterre, des mesures de protection sur les céréales.
Une loi, appelée "The Corn Law" concernant la suppression des
droits de douane, a été votée en 1846 et a permis d'instaurer
un libre-échange entre l'Angleterre et le Dominion du Canada. Cette mesure
a eu un impact négatif sur les paysans anglais mais positif pour le Canada
qui commerçait aussi bien avec l'Angleterre qu'avec les États-Unis.
Cependant, en 1866, les États-Unis décidèrent de fermer leur
frontière avec les colonies de l'Amérique du Nord britannique. On
a appelé cela le protectionnisme. C'est que ce pays, après la guerre
de sécession, avait décidé de développer l'économie
de sa partie septentrionale (dans la Nouvelle-Angleterre surtout) qui s'industrialisait
à un rythme fou grâce au "cheap labour" des Noirs venus
du sud. En raison de la fermeture des échanges Nord-Sud, les "Pères"
de la future Confédération canadienne décidèrent la
construction urgente d'un chemin de fer Est-Ouest afin d'ouvrir un marché
national. C'était en 1867. Le Canada venait de naître
L'État-providence
Troisièmement, pour revenir à notre histoire, il faut ajouter
cec i: vers la fin des années vingt, la demande s'affaisse en raison d'une
économie centrée exclusivement sur l'offre ou sur les coûts
de production les plus bas. S'ensuit le crash de la bourse en 1929, puis la généralisation
de la crise dans les années trente. En d'autres mots, le pouvoir de consommation
est devenu presque nul d'où de nombreuses faillites, un taux énorme
de chômage et une instabilité sociale inquiétante pour les
dirigeants. Le MARCHÉ avait trahi ses promesses et contredit ses idéologues.
Le secours viendra d'un ralliement à l'idée de Henry Ford qui
préconisait un relèvement des salaires afin que tous ses travailleurs
d'usine puissent s'acheter les automobiles qu'ils produisaient. Un théoricien
économiste anglais du nom de John Maynard Keynes, qui ne croyait pas que
"la main invisible" seule puisse régir correctement le marché,
propose l'idée de l'intervention de l'État dans l'économie,
une idée complétée par un autre Anglais, Beveridge, qui propose
ce que nous connaîtrons sous le nom d'État-providence, c'est-à-dire
des politiques sociales (6) qui répondront à la fois aux revendications
populaires et qui joueront un rôle économique favorable aux entrepreneurs
en relevant la demande et en leur fournissant une main-d'uvre plus instruite,
en meilleure santé, etc. Pour sauver le capitalisme face à la crise
économique, au fascisme et au communisme, Théodore Roosevelt, alors
président des États-Unis proposera à la population américaine
un tel "New Deal", en échange d'une acceptation du système.
La formule sera adoptée dans nombre d'autres pays dont le Canada. Il ressort
donc de tout ceci que le marché ne pouvait et ne devait pas être
laissé à lui-même, et que le pouvoir politique devait intervenir
par des politiques économiques et sociales pour corriger la dérive
du système en soutenant la demande, condition indispensable au relèvement
des conditions de vie, à l'écoulement de la production et donc au
retour des profits.
Le néolibéralisme
Enfin, à la suite de la crise du début des années soixante-dix,
sont apparus les gourous de ce qu'on appelle aujourd'hui le néolibéralisme:
Friedrich von Hayek et son collaborateur de l'école de Chicago, Milton
Friedman. Ces deux théoriciens reviennent au concept de libre marché,
mais à la différence de l'époque où l'État
devait "laisser faire", celui-ci est maintenant contraint de se mettre
totalement au service du capital, surtout financier. C'est le général
Pinochet du Chili qui sera le premier chef d'État à appliquer ces
théories dites des " Chicago Boys ". D'où les mots d'ordre
de libéralisation, de privatisation, de déréglementation,
de compressions budgétaires et qu'on appelle, dans le tiers-monde, les
programmes d'ajustements structurels exigés par le FMI comme conditions
des nouveaux prêts à ces pays pris au piège de l'endettement.
Au Québec, la politique de "déficit zéro" avec
les coupures que nous connaissons, entre autres, dans les secteurs de la santé
et de l'éducation, a été l'une des expressions du néolibéralisme.
En résumé, nous sommes entrés dans une nouvelle période
historique qui se caractérise par le passage du capitalisme industriel,
qui s'est développé à l'intérieur des États-nations,
au capitalisme financier mondialisé qui échappe de plus en plus
au contrôle des gouvernements élus et donc de la démocratie.
C'est, en même temps, le passage des échanges "inter-nationaux"
qui existaient depuis longtemps à la mondialisation des marchés
à la manière néolibérale. Celle-ci signifie, d'une
part, que les frontières économiques sont abolies (bien que les
plus forts ne manquent pas de faire preuve de deux poids deux mesures, selon les
compétiteurs auxquels ils ont affaire) et, d'autre part, que tout devient
ou devra devenir marchandise comme l'eau et les rivières ainsi que les
services comme la santé et l'éducation. Tout sera sujet à
soumission aux intérêts des entreprises transnationales. La mondialisation
néolibérale est l'étape à laquelle nous en sommes
arrivés aujourd'hui dans le déploiement du système capitaliste.
Cette étape qui s'accélère, étape que nous vivons
depuis le début des années quatre-vingt, est appelée dans
le monde anglophone " globalization " parce que le marché et
ces méga-entreprises que l'on appelle "transnationales" se situent
maintenant au-dessus des États-nations, opérant au niveau "global"
et ayant la liberté de faire du chantage vis-à-vis de chacun d'eux.
Voici quelle vision le président de la transnationale ABB, Percy Barnevik,
proposait de ce que nous appelons la mondialisation néolibérale:
" Je définirais la mondialisation comme la liberté pour mon
groupe d'investir où il veut, le temps qu'il veut, pour produire ce qu'il
veut, en s'approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à
supporter le moins de contraintes possible en matière de droit du travail
et de convention sociale." (7)
Les entreprises exigent toujours plus de liberté de la part des États
et ces derniers sont de moins en moins exigeants envers elles. Cette profonde
modification de la relation entre les États et les entreprises transforme
complètement le système, gouverné de plus en plus par les
joueurs-clés de l'économie. Non seulement ces grandes compagnies
réclament-elles de pouvoir produire, acheter et vendre sans se préoccuper
des frontières, mais elles demandent aussi une réduction de leurs
obligations sociales et environnementales.
Comme nous le constatons, il s'agit, paradoxalement, d'une politique de dépolitisation
de nos États. Pierre Bourdieu, sociologue et philosophe français,
décédé récemment, écrivait les réflexions
suivantes: " Il s'agit [
] d'une politique qui vise à conférer
une emprise fatale aux forces économiques en les libérant de tout
contrôle et de toute contrainte en même temps qu'à obtenir
la soumission des gouvernements et des citoyens aux forces économiques
et sociales ainsi libérées [
] Tout ce que l'on décrit
sous le nom à la fois descriptif et normatif de "mondialisation"
est l'effet non d'une fatalité économique mais d'une politique,
consciente et délibérée, celle qui a conduit les gouvernements
libéraux ou même sociodémocrates d'un ensemble de pays économiquement
avancés à se déposséder du pouvoir de contrôler
les forces économiques. " Il parle aussi de ces " grands organismes
internationaux, comme l'OMC [...] qui sont en mesure d'imposer, par les voies
les plus diverses, juridiques notamment, leurs volontés aux États.
" (8)
Les traités de libre-échange
Alors, comment s'est opéré chez nous la mondialisation néolibérale?
Le cadre juridique nécessaire au nouveau cours de l'économie s'est
mis en place grâce à des traités successifs de libre-échange
dont le dernier en date se pointe sous le nom de ZLÉA.
ALE
En 1989, Le Canada a signé un traité de libre-échange (ALÉ)
avec les États-Unis, traité soutenu et défendu par Brian
Mulroney et Ronald Reagan. Quelques années auparavant, Mulroney avait dit
de ce projet que c'était comme si on obligeait une souris à coucher
avec un éléphant! Mais la pression des 150 plus grosses compagnies
canadiennes, associées dans The Business Council on National Issues, a
fait plier le Canada. Que pouvons-nous en penser maintenant ? S'il est incontestable
qu'en termes de PIB, le pays se soit enrichi, par contre, la population, elle,
s'est appauvrie, dégradation reflétée dans le fait, par exemple,
qu'au Canada, un enfant sur cinq vive maintenant dans la pauvreté. C'est
peut-être Clayton Yeutter, le représentant commercial des États-Unis
au Canada au moment du débat sur le libre-échange qui a le mieux
prédit ce qui allait arriver au Canada. Le Canadian Action Party, rapporte
qu'après la signature du traité de libre-échange, M. Yeutter
aurait dit, dans une conversation informelle : " Les Canadiens ne comprennent
pas ce qu'ils ont signé. Dans vingt ans, l'économie canadienne aura
été absorbée par l'économie américaine ."
(9)
ALÉNA
Puis, en 1994, le Canada a signé l'Accord de libre-échange nord-américain
(ALÉNA) avec les États-Unis et le Mexique. Or, depuis le Forum social
mondial de Porto Alegre, beaucoup de gens s'insurgent contre certaines dispositions
contenues dans ces traités, depuis les groupes populaires et syndicaux
jusqu'aux Évêques en passant par les déclarations de Jacques
Parizeau et de Louise Beaudoin. On s'en prend notamment à l'article 11
de l'ALÉNA qui permet aux transnationales d'imposer la recherche de leurs
profits aux dépens des lois gouvernementales et du bien commun. L'exemple
d'Ethyl Corporation est éloquent: poursuivi pour un montant de $250 millions
en dédommagement pour une loi qui protégeait la santé du
peuple canadien contre les effets du MMT, un dangereux additif dans l'essence,
le gouvernement fédéral a retiré la loi et payé $13
millions à la transnationale américaine qui continue de nous empoisonner(10)
. Et notre ministre du commerce international, Pierre Pettigrew, d'affirmer faiblement
que l'article 11 est mauvais mais que le Canada ne peut pas changer cette clause
à cause de nos partenaires. En d'autres mots, les États-Unis ne
veulent pas.
ZLÉA
Ce n'est pas tout, le Canada se prépare maintenant à signer un accord
créant la Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA)
en 2005, c'est-à-dire l'extension de l'ALÉNA et de son chapitre
11 à l'ensemble des pays des Amériques, sauf Cuba.
Voilà comment nous sommes passés de l'internationalisation à
la mondialisation néolibérale du capital industriel et financier.
Si, d'une part, le capitalisme industriel a produit, depuis deux siècles,
des prolétaires salariés et exploités, mais inclus dans le
système car nécessaires à son fonctionnement, la mondialisation,
quant à elle, fabrique de plus en plus d'exclus, inutiles au fonctionnement
du système dans les Amériques comme dans le monde. Comment garder
tous ces exclus et ces pauvres dans l'obéissance et la soumission pour
empêcher une explosion insurrectionnelle? Nous voyons, ici, la nécessité,
pour les "grands de ce monde", de développer des façons
d'endiguer les révoltes par des moyens de répression massive, subtils
ou non. Ainsi voyons-nous se développer la militarisation sous prétexte
de guerre au terrorisme et des États policiers pour préserver le
système.
Si Adam Smith, en se référant au marché, a parlé
de la "main invisible", il est maintenant de plus en plus évident
qu'elle va de pair avec une main très visible. Le grand analyste et chroniqueur
du New York Times, Thomas Friedman, affirme, pour sa part : "La main invisible
du marché ne peut fonctionner sans un poing caché - McDonald's ne
peut prospérer sans McDonald Douglas, qui construit les F-15. Et le poing
caché qui rend le monde sûr pour les technologies de Silicone Valley
s'appelle l'armée, la force aérienne, la force navale et les marines
des Etats-Unis."(11) Ainsi, contrairement à ce que l'on nous dit,
à savoir que le libre-échange et la mondialisation vont de pair
avec la démocratie et la liberté, les faits démontrent que
la logique de libéralisation économique ou du libre marché
exigera de plus en plus le développement de lois répressives et
d'une militarisation de plus en plus extensive .(12)
Malgré tout, la résistance continue à s'organiser à
l'échelle continentale et elle se réalise par le développement
d'une mondialisation des solidarités.
En tant que citoyens et citoyennes, nous nous opposons à cette logique
qui crée d'innombrables victimes innocentes. Nous sommes solidaires avec
nos surs et frères exclus d'Amérique latine et de partout
dans le monde. Et nous répétons avec les 100,000 personnes présentes
au Forum social mondial de Porto Alegre : " Oui, un autre monde est possible!
"
NOTES.
(1) Le Groupe de théologie contextuelle québécoise (GTCQ)
est composé de Lise Baroni, Michel Beaudin, Céline Beaulieu, Claude Boileau, Richard
Chrétien, Guy Côté, Mario Degiglio-Bellemare, Claire Doran, Roger Éthier, Lise
Lebrun, Raymond Levac, Jean Ménard, Basile N'Gono, Patrice Perreault, Eliana Sotomayor
et Nelson Tardif.
(2) Jooneed Khan, "La nouvelle doctrine mondiale de Bush
est en gestation depuis plus de 10 ans", La Presse, 24 septembre 2002.
(3) Philosophe moraliste écossais du XVIIIe siècle.
(4) Il s'agit de la théorie de la "main invisible" sensée
régir le marché.
(5) Par exemple, quatre transnationales - Philip Morris,
Nestlé, Proctor & Gamble et Sara Lee - contrôlent à elles seules 70% du marché
du café. La situation est tout à fait similaire dans les secteurs des fruits et
du pétrole.
(6) Allocations familiales, allocations aux mères nécessiteuses,
pensions de vieillesse… et plus tard, assurance-chômage, assurance-santé, bien-être
social, etc.
(7)Définition lancée au moment où les pays de l'OCDE amorçaient,
à Paris, des négociations secrètes sur l'Accord multilatéral sur les investissements
(AMI). Cité par François Normand, "Et le bien commun?", Le Devoir, 30 novembre
1999.
(8)Extrait de " Contre la politique de dépolitisation " dans
Pierre Bourdieu, Contre feu II, Éditions Raisons d'agir, Paris, 2001.
(9)Canadian Action Party/Parti Action Canadienne, Les Canadiens
ont été dupés, les propos de Clayton Yeutter ont été trouvé sur le site Internet
du Canadian Action Party: http://www.canadianactionparty.ca/PartyInfo/Nafta.asp?Language=French
(10) Rémi Bachand, "Les poursuites intentées en vertu du
chapitre 11 de l'ALÉNA", dans Continentalisation, Cahier de recherche 2000-13,
août 2000.
(11) The Lexus and the Olive Tree, New York, Farrar, Strauss
and Giroux, 1999, p. 372-373.
(12) Par exemple, le Plan Puebla-Panama ne pourra se
concrétiser sans une militarisation de plus en plus grande de l'Amérique Centrale
et du sud du Mexique. Celle-ci va permettre de contenir la rage des paysans et
des autochtones qui devront être expulsés de leurs terres pour y construire les
infrastructures nécessaires - autoroutes, chemins de fer, etc. - à l'exploitation
- pour ne pas dire le pillage - des richesses naturelles de la région. Par ailleurs,
une guerre en Irak va permettre, au nom de la démocratie et de la liberté, de
renverser la dictature de Saddam Hussein, d'installer un gouvernement fantoche
pro-occidental et d'y instaurer le libre marché. Nous le voyons, la militarisation
et la guerre deviennent des instruments au service de l'imposition du libéralisme
économique partout dans le monde.
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