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Une nouvelle radio au Cameroun
Jean-Paul Guillet, p.m.é. (1)

Proclamer par-dessus les toits

À la demande du cardinal Christian Tumi, archevêque de Douala au Cameroun, Jean-Paul Guillet se rendait dans ce pays au nom du service missionnaire de l’Organisation catholique internationale du cinéma et de l’audiovisuel, pour aider à la mise en place d’une station de radio locale. Le siège de cette organisation se trouve à Rome.

La radio en voie d’installation
Les gens d’ici pourront bientôt bénéficier d’une bonne installation pour leur future station de radio. Malheureusement, les infrastructures n’étaient pas encore prêtes, du moins en ce qui concerne le site de transmission, situé sur une colline à l’extérieur de la ville. J’ai dû faire des adaptations pour mettre l’émetteur en onde avant Noël : j’ai installé provisoirement une partie des antennes près de la cathédrale. Il manque aussi la climatisation dans les studios. Le Cardinal est décidé à ne rien négliger quant aux installations; il aura même une antenne parabolique pour capter Radio Notre-Dame de Paris. Il comptera sur son personnel, au moins deux ou trois personnes qui possèdent de l’expérience en radiodiffusion. Mais cette équipe est à construire. J’ai donné un peu de formation à ceux qui étaient déjà présents.

Le Cardinal souhaitait baptiser sa radio « Radio Catholique ». Je lui ai expliqué avec des arguments clairs qu’il serait beaucoup plus opportun de donner un nom bien africain à ce projet. Il s’est laissé convaincre, et a demandé à ses gens quel nom on pourrait donner au poste de radio. Je suis heureux que mon intervention ait porté fruit. J’ai aussi branché l’internet. Un serveur, qui avait été envoyé à Yaoundé, mais qui n’était pas en usage faute de ligne téléphonique, m’a été renvoyé ici à Douala. Je viens de lui insuffler une nouvelle vigueur. Je crois qu’il sera maintenant mieux adapté aux tâches qui l’attendent.

Quelles célébrations de Noël !
J’ai assisté aux fêtes de Noël, présidées par l’archevêque: un gaillard de deux mètres, originaire de la partie anglophone du Cameroun. Il s’exprime en très bon français. Quelle voix et quel sens de l’humour ! On a installé un nouveau système d’amplification dans la cathédrale. Le micro sans fil du Cardinal a très bien fonctionné, ça résonnait dans toute l’église, qui peut contenir plus de deux mille personnes. Les solides homélies du Cardinal sont très écoutées.

Des chorales dépareillées
Le plus sensationnel fut le chant. À la messe de minuit, il y avait trois chorales, dont une de quelque 150 femmes, une deuxième spécialisée dans le chant grégorien, et une troisième formée de jeunes pour les chants modernes. Quand les trois chorales chantaient ensemble, c’était vraiment émouvant. Je n’ai jamais rien entendu de pareil ! J’ai présenté mes félicitations aux responsables des chorales et à l’organiste, leur disant que leur célébration était dix fois meilleure que celle de St-Pierre ! J’ai ajouté : parole de connaisseur. Ils ont apprécié ! Célébrer Noël au sein d’une communauté aussi vibrante a vraiment été un privilège. Je n’ai eu aucun regret d’avoir délaissé la Ville Éternelle pour une ville africaine. J’en ai été grandement récompensé !

Dans le Prions en Église, j’ai lu que la messe de minuit de l’église Notre-Dame de Montréal avait été diffusée sur Eurovision. J’ose proposer que la prochaine Messe de Minuit à être offerte aux téléspectateurs européens soit celle de Douala ! Ils regretteront peut-être certains aspects d’une célébration plus flamboyante célébrée dans une cathédrale de nos pays du nord, mais ils y trouveront des participants enthousiastes qui offrent un spectacle coloré et original.

Une première diffusion sur les ondes de la radio diocésaine
La tradition veut que tous les Premiers de l’An à Douala, la messe se célèbre sur l’esplanade de la cathédrale. Tous les catholiques et leurs pasteurs sont alors invités. On a estimé les participants à 20 000. Quel enthousiasme ! L’événement a été l’occasion de diffuser notre première émission sur les ondes de la nouvelle station de radio diocésaine.

Le cardinal Tumi a développé avec beaucoup de force le thème de la Paix, dénonçant la torture et l’avortement : « on torture au Cameroun », a-t-il dit avec fermeté, et les participants d’appuyer ses propos avec de vibrants applaudissements. Une homélie écoutée avec attention par des milliers d’auditeurs. À la fin de la célébration, on a annoncé que la messe avait été transmise à la nouvelle radio diocésaine, et les gens ont longuement applaudi. Ils attendaient leur radio depuis longtemps.

Je me sens honoré d’avoir encore participé à la naissance d’une radio pour une Église si vivante et si dynamique. Elle contribuera à proclamer aux oreilles de toute la population, toutes croyances confondues ici, — les catholiques constituent seulement 30% de la population, — les merveilles que le Seigneur ne cesse de réaliser dans notre pauvre monde. Oui, mon travail d’accoucheur a porté fruit une fois de plus. L’année d’avant, à pareille date, j’étais à Libreville au Gabon, où j’avais obtenu un résultat semblable. Il y aura sûrement d’autres projets sous peu.

(1) Natif de St-Jean-sur-Richelieu, missionnaire à Cuba (1950-56), au Honduras (1956-64; 1966-82), et à l’animation missionnaire au pays (1964-66; 1983-88), il travaille à Rome depuis 1988 pour le service missionnaire de l’OCIC (L’Organisation catholique internationale du Cinéma et de l’Audiovisuel).
Son courriel : jguillet@ocic.org