![]() |
![]() |
|
||||||||||||||
|
Réfugié emprisonné, je viens te visiter... par Arlene Sale, missionnaire laïque associée (1) À la découverte d'un nouveau pays de mission : la Thaïlande Qu’est-ce qu’une sage-femme de profession fait dans les centres de détention des immigrants en Thaïlande? Aux Philippines, j’ai été engagée quatre ans auprès des peuples des montagnes. J’ai beaucoup appris sur leur culture, leur vie simple et c’est alors que j’ai commencé à penser être missionnaire. Ensuite, mon parcours de formation missionnaire avec la Société des Missions-Étrangères m’a amenée au Québec. J’ai même fait du bénévolat à Montréal, sur la rue Kevin. Cette expérience de venir d’un pays du Sud dans un pays du Nord m’a fait prendre conscience que les différences sont nombreuses, certes, mais nous avons tous le même Créateur. Avec d’autres missionnaires laïques, je suis arrivée en Thaïlande en mai 2002. Nous sommes la première équipe missionnaire de la Société des Missions-Étrangères dans ce pays. Après une année d’apprentissage de la langue thaïe, j’ai rejoins le projet missionnaire de présence et d’aide auprès des réfugiés et des migrants. « J’étais malade, vous m’avez visité… en prison, et vous êtes venus à moi », dit Jésus (Mt. 25, 36).
Des réalités difficiles et souvent méconnues La Thaïlande est le pays du sourire et de la liberté. Aucune puissance coloniale n’a mis la main sur ce territoire et ses richesses. Par contre, la situation des réfugiés et migrants n’a rien d’exemplaire, d’autant plus que ce pays ne reconnaît pas la situation de ces personnes ni la compétence des organisations internationales. Les réfugiés et les migrants sont en situation de vulnérabilité et d’illégalité et plusieurs sont victimes du trafic humain, particulièrement en ce qui concerne les conditions de travail (abus, promesses non tenues, dénonciation pour éviter de verser le maigre salaire, etc.). Au centre de détention de l’immigration à Bangkok, géré par le gouvernement du pays, je suis engagée auprès de personnes illégales venant de d’autres pays d’Asie, des Européens, des musulmans du Moyen-Orient et des Africains. Dans ce projet, la priorité est donnée aux malades (VIH/sida, tuberculose, etc.), femmes enceintes, mères et enfants, personnes âgées. Je suis infirmière, mais comme les autres missionnaires, ma présence implique davantage : faire les communications avec la famille et les ambassades, offrir l’écoute, les conseils et les encouragements, distribuer de la nourriture, des médicaments et le nécessaire pour l’hygiène personnelle. Les fonds pour le billet de retour dans son pays d’origine et pour les nouveaux papiers sont aussi à trouver. Le défi de la diversité culturelle Travailler auprès des personnes venant de diverses origines, parlant diverses langues, dans un centre de détention, c’est un vrai défi. Être témoin de la souffrance, de la solitude, de l’abandon, du rejet, ce n’est pas toujours facile. Mais Dieu est présent dans le soutien mutuel que se donnent aussi ces personnes détenues. Être solidaire, c’est vivre en cohérence avec cette conviction : indépendamment de la couleur, de la nationalité, de la langue et des religions, nous sommes tous les mêmes. Aller derrière les murs de cette prison pour servir des hommes, des femmes et des enfants m’a fait comprendre que nous ne devrions jamais accepter que des murs se dressent entre nous. (1) Originaire des Philippines, elle est sage-femme de profession. Elle est en Thaïlande depuis 2002.
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||