La Société des Missions-Étrangères / Nos destinations / Thaïlande

(extrait de la revue d'octobre 2007)

Un pays presque sans chrétiensoù tout parle de Dieu

par Erica Foschiatti*

En vivant en Thaïlande, où les références culturelles et religieuses sont si différentes de son pays d'origine, Erica Foschiatti a été amenée à découvrir bien des aspects de son identité argentine. Elle nous fait part d'expériences vécues là-bas entre 2002 et 2007.

La Thaïlande a marqué ma vie et m'a enrichie à un niveau que j'aurais du mal à mettre en mots. J'aimerais vous parler de quelques personnes qui m'ont permis de comprendre un peu plus l'expérience de vivre en terre étrangère. Ce sera pour moi l'occasion de faire un voyage dans mon coeur qui est aujourd'hui rempli de ces visages que j'ai croisés et de leurs histoires.


De l'Argentine à l'Irak

Lorsque j'ai rencontré Sujer, elle avait fui l'Irak depuis plus de deux ans. Sa mère, linguiste de profession, et son père, ingénieur, avaient dû quitter leur pays pour la Thaïlande avec leurs quatre enfants en un peu plus d'une heure. L'oncle de Sujer avait été assassiné et ses frères devaient servir dans les forces armées de leur pays.

Comme ils n'avaient pas les bons papiers, Sujer et ses parents se sont retrouvés dans un centre de détention thaïlandais pendant deux ans et ses trois frères, plus jeunes, furent accueillis dans le refuge catholique des Missionnaires de Maryknoll à Bangkok. C'est là que je vivais en 2002, au début de mon séjour en Thaïlande et c'est ainsi que j'ai fait leur connaissance.

J'ai été surprise par le courage de la mère de Sujer qui, avec patience et astuce, a gagné la confiance des gardiens auxquels elle enseignait l'anglais. Ce sont eux qui leur ont permis d'attendre le droit d'asile hors de prison.

La santé du père s'était fortement dégradée en prison mais, malgré tout, Sujer et sa mère sont demeurées fortes. D'après ce que j'ai pu comprendre de ce qu'elles m'ont partagé, elles tenaient cela de leur grande foi. À plusieurs reprises, j'ai vu la mère de Sujer se retirer pour étendre un tapis en direction de la Mecque et prier. Sujer me disait que l'Irak lui manquait et qu'il était difficile pour elle d'être dans un pays si peu religieux. Elle me confia un jour que le voile lui manquait. Dans le centre de détention, elle ne pouvait pas le porter et, à cause de cela, elle se sentait moins bien respectée.

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