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Un peu d’histoire…
Les p.m.é. sont présents aux Philippines depuis 1937. Mais qu’ont-ils cherché à accomplir en 70 ans? Roger Bégin, p.m.é. a été missionnaire là-bas, à Davao, entre 1953 et 1999. En tant que témoin et acteur de cette mission pendant toutes ces années, il tente aujourd’hui de nous en faire un historique.
1937-1945 : Des débuts difficiles En 1936, l’immense île de Mindanao, au Sud des Philippines, est une terre chrétienne délaissée. La Révolution de 1898 a chassé les Espagnols et il ne reste plus que quelques prêtres dans quatre ou cinq paroisses. L’évêque de Zamboanga, alors en charge d’une grande partie de Mindanao, demande du secours à Rome.
En 1937, la Société des Missions-Étrangères, fondée d’abord pour la Chine, accepte la nouvelle mission et envoie à Davao, jusqu’en 1941, une quinzaine de prêtres. Dès leur arrivée, en plus de répondre aux besoins des paroissiens, ils rêvent d’une future Église philippine autonome avec des prêtres, des religieuses et des laïques. En vue de cela, ils s’occupent d’enseigner la catéchèse dans les quelques écoles publiques des villes et villages de la région. Malheureusement, de décembre 1941 à mai 1945, la guerre et l’occupation japonaise vinrent tout arrêter. Trois prêtres furent tués, un mourut de la malaria et les autres furent arrêtés et enfermés en camps de concentration. L’effervescence de l’après guerre En 1945, de nouveaux missionnaires arrivent. Mindanao profite à ce moment-là d’une immigration massive en provenance des provinces du Nord et du Centre. Les terres de cette région, qui appartenaient à des grands propriétaires, sont redistribuées aux Philippins. Elles attirent de nombreuses convoitises. C’est le début d’une nouvelle étape. Pour répondre aux besoins spirituels de cette population croissante, il faut ouvrir plusieurs nouvelles paroisses, bâtir des églises, des presbytères, surtout des écoles. Plusieurs missionnaires, chassés de Chine, viennent prêter main forte. Il faut recourir à plusieurs communautés de religieuses pour s’occuper des écoles et enseigner la catéchèse. En 1950, Davao devient un immense diocèse avec un p.m.é. comme évêque : Mgr Clovis Thibault. La Société fonde alors une école apostolique qui accueille une vingtaine de jeunes séminaristes. En 1955, un petit Séminaire est ouvert. Au début, il ne fait que le niveau secondaire puis, en 1958, il devient également un collège. Les Baranguays À cette époque, surtout les femmes s’impliquaient dans la vie de l’Église. Les hommes se désintéressaient de la pratique religieuse car ils trouvaient qu’ils n’y avaient pas leur place. C’est alors qu’est apparu un nouveau mouvement d’action catholique propre aux Philippins, rassemblant tous les membres de chaque communauté paroissiale et appelé Baranguay sa Birgen : « Assemblée de Marie ». Les femmes organisaient la prière du chapelet et les hommes y offraient un enseignement religieux.
Ce fut le moyen providentiel pour attirer les hommes à l’église. Ils étaient très motivés car ils pouvaient enfin être en charge de quelque chose qui leur correspondait. Dans toutes les paroisses du diocèse, les villages et les quartiers se sont organisés autour de leurs chapelles et nous avons confié à des hommes la responsabilité de ces communautés. Ce sont les prêtres de paroisses qui donnaient la formation à ces responsables. Toutefois, eux aussi avaient besoin de matériel pédagogique et surtout d’un programme de pastorale pour tout le diocèse. Les Séminaires d’évangélisation Pour les aider, Patrice Picard, p.m.é. fonde le Centre Diocésain de Catéchèse pour former des catéchètes professionnelles et préparer des cours de catéchèse pour les écoles à tous les niveaux. En 1963, Rome ouvre à Davao un grand Séminaire régional pour les 12 diocèses de Mindanao et le confie aux p.m.é. Nos premiers prêtres philippins ordonnés provenaient d’abord du séminaire de Manille puis de celui de Davao à partir de 1968. C’est en 1973 que les prêtres du diocèse de Davao demandent au Centre de Catéchèse d’organiser une rencontre de pastorale d’ensemble pour toutes les paroisses. Elle a lieu à Davao et rassemble, pendant trois jours, les prêtres, accompagnés de religieuses, de catéchètes et de chefs laïques. Le Centre leur propose un plan de pastorale en quatre phases, commençant par l’évangélisation de toutes la population paroissiale, suivi d’une catéchèse d’adultes pour approfondir la foi, puis d’une formation spéciale de chefs de communautés et enfin l’organisation de communautés chrétiennes dans tous les villages et quartiers. En janvier 1974, commençait au Centre de Catéchèse, une série de 12 conférences d’évangélisation, données à des équipes paroissiales de huit personnes, consacrées et laïques, pour les 27 paroisses du diocèse. Pendant des années, ces équipes ont parcouru les villes et villages, même les plus éloignés, pour donner ce Séminaire d’évangélisation. La mission des Philippines aujourd’hui C’est à cette époque que le grand Séminaire régional passe aux mains de prêtres philippins de la Société du Verbe Divin. Certains p.m.é. vont alors travailler en Indonésie, à Hong-Kong, au Cambodge et en Chine continentale. D’autres ouvrent des missions florissantes chez les natifs Bilaans, Manobos et Tagakaulos dans les montagnes et elles existent encore aujourd’hui.
À mesure que les prêtres canadiens vieillissent et reviennent au Québec, les prêtres philippins se multiplient dans les 12 diocèses. D’autres grands Séminaires s’ouvrent dans d’autres diocèses. À partir de 1980, les prêtres diocésains des Philippines prennent en charge de plus en plus de paroisses. Depuis 1990, les deux Séminaires sont entre les mains du clergé diocésain local, sous la direction d’un archevêque et d’un auxiliaire philippins. Aujourd’hui, il ne reste plus à Davao que sept confrères p.m.é. Ils font encore du ministère sous la direction de l’évêque mais ce sont les derniers témoins des 130 missionnaires du Québec qui ont vécu aux Philippines depuis 1937 pour y laisser une Église bien vivante. (1) Originaire de Windsor Mills, il a été missionnaire aux Philippines entre 1957 et 1999. Il réside aujourd'hui à la Maison centrale de Pont Viau. Courriel : beginroger@yahoo.ca
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