La Société des Missions-Étrangères / Nos destinations / Philippines

Ça se passe aux Philippines

LA PRESIDENTE ARROYO SIGNE UNE COLLABORATION
AVEC L'ARMEE AMERICAINE

Le gouvernement des Philippines a autorisé le lancement de manœuvres militaires conjointes entre l'armée philippine et les troupes américaines dans l'archipel méridional de Sulu. Les opposants insistent qu'en cas de conflit ouvert, la constitution philippine interdit la participation de troupes étrangères à des actions militaires en territoire national. Selon la présidente Gloria Macapagal Arroyo il ne s'agit que d'un entraînement. Une collaboration entre les forces américaines et philippines est déjà en cours sur la péninsule de Zamboanga sur l'île de Mindanao contre la guérilla séparatiste du Front de Libération islamique Moro. Après une longue hésitation, l'administration de Sulu a donné son consentement mais la date du lancement des manœuvres n'a pas encore été communiquée par les autorités centrales.

Maintenir une présence stable de 100.000 soldats américains en Asie
Pour Danilo Vizmanos, ex-capitaine de la marine philippine converti en leader du mouvement pacifiste, les véritables raisons de l'intervention américaine sont les suivantes: "Dans un rapport de 1995, le ministère américain de la Défense a écrit qu'il voulait maintenir une présence stable de 100.000 hommes dans la région, en vue d'assurer un déploiement avancé de troupes américaines, l'accès à la région et le droit de détenir des bases militaires. Si la présence américaine en Asie disparaissait, dit le rapport, notre capacité d'influencer le cours des événements serait affaiblie; nos marchés et nos intérêts, menacés." Il y a actuellement 3.890 soldats américains aux Philippines: 1.240 pour les prétendus exercices militaires conjoints contre Abu Sayyaf sur l'île de Mindanao et 2.650 hommes sur l'île de Luzon, où Abu Sayyaf n'est pas actif, mais bien la New People's Army. " L'intervention américaine n'apportera ni la paix ni la stabilité aux Philippines et dans le Sud-Est asiatique. La prétendue guerre contre le terrorisme est en réalité une guerre terroriste contre le peuple. Cette guerre conduira à une intensification de la lutte contre l'impérialisme". affirme Vizmanos, l'un des organisateurs de la coalition US troops out now !

Désamorcer le danger de la guerre totale aux Philippines
Pour sa part, Mgr Orlando Quevedo, président de la Conférence épiscopale des Philippines et archevêque de Cotabato, dans l'île de Mindanao, a exprimé son inquiétude. Le conflit en Irak risque de radicaliser la lutte pour l'indépendance dans le sud des Philippines. Les récents épisodes de violence enregistrés à Mindanao font penser à une radicalisation des éléments du Front maure islamique de libération (MILF) et surtout de larges franges de jeunes musulmans, phénomène particulièrement préoccupant. La violence a Mindanao s'est étendue durant les actions militaires en Irak, spécialement dans ville de Davao, où deux graves attentats à la bombe, l'un au mois de mars, l'autre au début du mois d'avril, auxquels se sont ajoutés d'autres moins importants, qui ont tué 38 personnes, et blessé 200. L'attaque contre des lieux sacrés comme les mosquées cherche à enflammer les sentiments religieux, et à introduire cette dimension dans un conflit qui est avant tout politique et économique ". Il revient aux dirigeants religieux et aux chrétiens et musulmans, d'assumer la tâche délicate de désamorcer le danger de la bombe à retardement de la guerre totale aux Philippines du Sud. "

Claude Lacaille