Ça se passe aux Philippines
Les migrants philippins sont des missionnaires potentiels !
En octobre 2002, à Singapour, se tenait un colloque auquel ont participé 63 agents pastoraux actifs dans dix-huit pays différents au sein des communautés philippines expatriées. Mgr Ramon Arguelles, président de la Commission épiscopale philippine pour le soin pastoral des migrants et des gens du voyage, a déclaré que l'Église en tant qu'institution devait prendre conscience de l'immense potentiel que représentent les travailleurs catholiques émigrés dans le domaine de l'évangélisation.
"Les migrations doivent être mises au service de l'évangélisation", a déclaré l'évêque philippin, ajoutant que "plus nous reconnaissons la valeur qui est présente au sein des personnes et moins nous raisonnons en termes institutionnels dans notre approche de l'évangélisation, plus l'Église se montrera capable de répondre à l'appel de ce millénaire".
Pour Mgr Arguelles, l'évangélisation en Asie aujourd'hui est entre les mains
des catholiques ordinaires qui font sans doute les jobs aux trois D :
dirty, dangerous, difficult (dégoûtantes, dangereuses et difficiles),
mais qui le font avec un cœur joyeux.
Le témoignage de vie, simple et silencieux, de nombreux migrants catholiques sur leurs lieux de vie et de travail, au sein des familles chez lesquelles ils sont employés, est essentiel pour l'évangélisation. Pour les migrants, il ne s'agit pas de bâtir " une Église philippine à Singapour ou ailleurs, mais de construire l'Église. Du côté des Églises qui reçoivent les migrants, un véritable accueil doit être mis en place ; elles ne doivent pas avoir peur des incursions de ces migrants en leur sein.
Selon Mgr Arguelles, l'Église aux Philippines dénonce à juste titre le coût humain et social que représente l'expatriation de près de sept millions de Philippins à travers le monde et la Commission qu'il préside a mis en place des programmes de réintégration pour les émigrés qui choisissent de revenir définitivement au pays.
Matériel publié par l'Agence d'information des Missions
Étrangères de Paris, Églises d'Asie N°364-01/12/2002, reproduit en résumé avec
l'autorisation de la rédaction. http://eglasie.mepasie.org/
Le Texas et la Californie recrutent des professeurs aux Philippines
Il y aura un déficit de deux millions de professeurs d'ici dix ans aux Etats-Unis, tandis que le nombre des élèves augmentera de 53 millions. C'est vers les Philippines qu'on se tourne comme source préférée d'éducateurs professionnels. En août 2002, JS Contractor Inc. et la firme texane Omni Consortium Inc/Multi Limited Liability Co. s'étaient fixé l'objectif de faire passer le test d'aptitudes académiques fonctionnelles (FAST) à mille professeurs philippins à Manille. FAST, l'un des examens au Texas pour la qualification des professeurs, a été réalisé à Manille par des éducateurs venus des Etats-Unis. Les candidats doivent avoir obtenu un baccalauréat et posséder une expérience d'au moins deux ans d'enseignement. Plus de la moitié ont été retenus. On leur offre des contrats de travail et un visa pour enseigner à l'élémentaire et au secondaire. Ils seront exempts de taxes durant leurs deux premières années de travail.
Selon la compagnie, les écoles étasuniennes préfèrent engager des personnes des Philippines parce qu'elles parlent bien l'anglais et sont " naturellement attentives et amicales. " Les professeurs philippins qui passent le test sont engagés au Texas ou en Californie où ils reçoivent un salaire moyen de 4000 dollars US par mois. La compagnie ne considère pas que son recrutement contribue à l'exode des cerveaux en attirant les meilleurs professionnels à l'étranger pour des emplois plus lucratifs. " Au lieu d'émigrer pour aller faire un travail d'employé domestique, les gens sont aussi bien d'y aller comme professeurs ou infirmières. " Et vous, qu'en pensez-vous ?
Claude Lacaille