Ça se passe aux Philippines
La lutte des États-Unis contre le terrorisme nuit aux négociations de paix.
Les pourparlers de paix entre le gouvernement des Philippines et les groupes
rebelles sont contrecarrés par la lutte étasunienne contre le terrorisme mondial,
affirme un prêtre philippin qui agit comme médiateur. Le gouvernement philippin
subit des pressions de la part de ses Forces armées pour qu'il ne s'engage pas
un dialogue de paix, parce que les militaires considèrent que la lutte antiterroriste
est la meilleure manière de recevoir une aide militaire accrue des Etats-Unis,
étant donné le climat politique qui règne depuis les événements du 11 septembre.
C'est ce qu'affirme le Père Eliseo Mercado, président du Conseil national de la
paix, de passage à Washington le 29 octobre 2002 afin d'y rencontrer les autorités
ecclésiastiques.
En plus, de nombreux groupes rebelles philippins ont été mis sur la liste des
organisations terroristes des Etats-Unis depuis les attaques de l'an dernier,
liant ainsi les mains au gouvernement philippin qui a pour politique de ne pas
négocier avec des groupes terroristes. Les pourparlers sont souvent bloqués, ouvrant
ainsi la porte à une guerre tous azimuts.
Le Conseil national pour la Paix (NPC) est reconnu par le gouvernement et les
différents groupes rebelles comme leur canal officiel de négociation. Deux de
ces groupes rebelles sont désignés sur la liste étasunienne des
groupes terroristes: la Nouvelle armée du peuple (New People's Army) d'allégeance
communiste et le groupe extrémiste musulman d'Abu Sayyaf.
(National Catholic Reporter, 15 novembre 2002)
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