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Ça se passe au Pérou Du pain sur la planche Le gouvernement provisoire du Pérou a créé en 2001 la Commission pour la vérité et la réconciliation. On est convaincu ici de la nécessité de mobiliser l'ensemble des secteurs public, privé et civil du pays, pour résoudre les problèmes profonds d'inégalité et d'exclusion sociale, instaurer la démocratie sur des bases constitutionnelles solides et assurer un niveau de bien-être et de justice sociale pour tous les Péruviens et les Péruviennes. Environ 800 tables de concertation ont été mises sur pied. Gérard Côté, p.m.é. représente les Églises à la table de l'Ucayali à Pucallpa. Au Bureau des droits de la personne, dont le responsable diocésain à Pucallpa est Gérald Veilleux, p.m.é., le programme sera très chargé pour les deux prochaines années. La Commission pour la vérité est chargée de faire la lumière sur tous les actes de violence politique commis par l'Armée et les mouvements terroristes entre 1980 et 2000, en grande partie durant le gouvernement d'Alberto Fujimori, actuellement en fuite au Japon. L'enquête porte sur tous les crimes commis au cours de ces années : assassinats, enlèvements, disparitions, tortures, etc. Entre 1988 et 1996, le Bureau a reçu 192 dénonciations de disparitions de personnes à Pucallpa seulement. Un travail exigeant s'impose : monter de bons dossiers, apporter des preuves, faire au moins trois entrevues avec les témoins et la famille des personnes disparues. Le comité de Défense de l'Ucayali se mobilise Une grève générale a paralysé Pucallpa en décembre dernier. Silence en ville. On n'entendais plus les 5 000 moto-taxis qui, d'habitude, font un bruit d'enfer. Le transport public s'est immobilisé, les gens devant se déplacer à pied. La route qui unit Pucallpa à Lima a été bloquée par les cultivateurs de la coca, qui jouissent de l'appui de tous les agriculteurs. Le comité de Défense de l'Ucayali s'est rendu à Lima pour rencontrer les fonctionnaires du gouvernement sans résultat. Quelques sous-ministres se sont rendus à Pucallpa, mais il ne s'est rien passé. Les principales revendications de la population - paver les 250km de route qui unissent Pucallpa à Tingo Maria. Ce tronçon, quasiment impraticable, est d'une importance vitale pour l'Amazonie. C'est l'unique lien avec le reste du pays; par ce couloir circulent les marchandises, le bois et tous les autres produits. La situation actuelle est critique à cause de la pauvreté qui condamne beaucoup de gens à la précarité et à une survie de misère. Source : Gérard Côté, p.m.é et Gérald Veilleux, p.m.é., tous deux missionnaires en Amazonie péruvienne Commission de la vérité et de la réconciliation En mai 1980, des organisations terroristes, dont la plus connue est le Sendero Luminoso, ont déchaîné une série de crimes contre lhumanité. Des milliers de personnes ont été victimes de violations de leurs droits les plus élémentaires, autant de la part de ces organisations terroristes que par des agents de lÉtat, de militaires et de policiers. Le bilan tragique de ces crimes, des personnes disparues et dautres faits graves na jamais été établi. Le 4 juin 2001, le gouvernement transitoire du président Valentin Paniagua a mis sur pied la Commission de la vérité et de la réconciliation, la cinquième en Amérique Latine. Cet organisme aura pour objectif de faire la lumière sur le processus de la violence terroriste au Pérou entre mai 1980 et novembre 2000. Il devra établir les faits et les responsabilités concernant les actions terroristes commises et la violation des droits de la personne, imputées tant aux organisations dopposition comme aux forces de lordre, que ce soit larmée ou la police. La commission a pour mandat de se pencher de manière spéciale sur les assassinats et enlèvement, les disparitions forcées, les tortures et lésions graves infligées, les violations de droits collectifs de communautés autochtones et de toutes autres violations contre les droits des personnes. À Pucallpa, le Comité des Droits Humains de lÉglise catholique, dirigé par Gérald Veilleux, p.m.é. collabore au travail de la Commission, recueillant les témoignages dabus commis dans la région. Gérard Côté, p.m.é. a participé à Lima à un séminaire sur les aspects éthiques et théologiques de la Commission de la vérité et de la réconciliation : il travaille présentement à faire prendre conscience aux communautés chrétiennes et à la population en général, que les effets obtenus par la Commission seront vraiment authentiques dans la mesure où la vérité, le pardon et la réconciliation feront partie de la vie quotidienne. Le décret présidentiel du 4 août 2001 (en espagnol)
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