Ça se passe au Guatemala
MESSAGE DES INSTITUTS MISSIONNAIRES D'AMÉRIQUE
au deuxième
Congrès missionnaire américain
Ciudad de Guatemala, le 29 novembre 2003
Paix et bien de la part du Seigneur Jésus et de ses frères des Instituts missionnaires d'Amérique.
Pour être fidèles à notre engagement de promouvoir l'esprit missionnaire sur ce continent, les Instituts missionnaires d'Amérique :
1- VOULONS PARTAGER NOS EXPÉRIENCES MISSIONNAIRES AD GENTES(1)AVEC L'ÉGLISE QUI NOUS A ENVOYÉS.
En annonçant l'Évangile aux non chrétiens, nous avons eu des expériences très enrichissantes sur les défis que le monde d'aujourd'hui présente à la mission et sur les conséquences pour celle-ci. Les voici :
A- L'évangélisation des cultures et l'inculturation de l'Évangile.
Les non chrétiens que nous avons rencontrés chaque jour en mission ad gentes, ainsi que tous et chacun des peuples de la terre, vivent selon leurs propres cultures, lesquelles doivent être connues, appréciées et valorisées par les évangélisateurs, et non détruites, méprisées ou méconnues.
Au plus profond de ces cultures, nous retrouvons une présence très intense du Seigneur qui se manifeste dans la vie de ces peuples. L'Esprit Saint précède l'Église en mission. Il faut aussi reconnaître qu'il y a des racines de la culture qui manifestent l'absence du Seigneur.
Cela nous a appris que nous avons besoin de nouvelles relations entre l'Évangile et les cultures, y compris les cultures non chrétiennes. Comme missionnaires, nous devons apprendre à chercher le Christ déjà présent dans ces cultures et dans la vie de ces peuples et les aider à le reconnaître comme source de cette vie nouvelle qu'ils vivent. Nous avons appris que l'Évangile sert à éclairer et promouvoir la vie de toute l'humanité et à donner une chance de la vivre en abondance, comme c'est la volonté du Seigneur. Durant ce congrès, nous avons beaucoup apprécié que la prière soit inculturée.
B- L'évangélisation et l'œcuménisme.
La mission ad gentes nous a aussi appris que nous ne pouvons pas annoncer le Christ si les chrétiens, nous sommes divisés. " Que tous soient un comme tu es en moi, Père, comme je suis en toi, qu'ils soient un en nous et que le monde croie que tu m'as envoyé. " Jean 17,21 C'est la prière de Jésus lors de la dernière cène. En Amérique, nous avons été évangélisés par des chrétiens d'Europe qui vivaient et alimentaient le conflit entre eux. L'Amérique missionnaire ne peut répéter cette erreur en allant vers les non chrétiens. Il n'y a pas deux christs, deux évangiles annoncés par les catholiques et les autres chrétiens.
Le Christ est un seul, l'Évangile est un seul, la vie que Christ nous offre est aussi une seule. Par conséquent, pour que l'Évangile soit crédible, il est nécessaire d'être unis dans la prière, la réflexion et l'action pour annoncer le Christ et promouvoir la culture de la vie.
C- L'évangélisation et les autres religions.
Une autre expérience missionnaire que nous voulons partager avec vous c'est que dans la mission ad gentes nous avons rencontré des millions de croyants (juifs, musulmans, bouddhistes, adhérents à des religions traditionnelles, etc). Ces croyants nous ont appris que la foi en Dieu a pénétré profondément dans leur vie. C'est pourquoi le dialogue interreligieux est une nécessité incontournable de la mission ad gentes aujourd'hui, si nous voulons ensemble avec ces croyants non chrétiens connaître toujours mieux " le Dieu très vrai pour lequel on vit " (Première apparition de la Vierge de Guadalupe). Quand Jésus est né, il n'y avait en ce monde aucun " chrétien ", mais de nombreux croyants. Jésus, missionnaire du Père, nous appelle de nouveau à apprendre de lui comment dialoguer et entrer en relation avec les croyants d'autres religions.
D- L'évangélisation de nouvelles situations sociales.
S'il est vrai que dans le monde actuel on trouve de nombreuses réalités porteuses de vie, notre expérience au milieu de peuples non chrétiens où nous annonçons l'Évangile de la vie, nous a fait découvrir des situations sociales, politiques et économiques qui sont le produit de décisions humaines qui ne sont pas éthiques. Celles-ci engendrent des injustices, des conflits, des guerres, la mort, la pauvreté, le chômage, la violation de droits humains, l'exclusion, le sous-développement, etc. Qui plus est, dans le cadre de la mondialisation, nous constatons aujourd'hui que ces décisions sont prises par les puissants non seulement à l'intérieur de chaque pays, mais aussi au plan international et elles affectent des millions d'êtres humains. La mission de Jésus est venue ouvrir les yeux des non voyants et promouvoir un règne de justice, de vérité, de vie, de mondialisation de la solidarité et de la paix. Nous avons ainsi appris qu'il nous faut annoncer l'Évangile pour offrir à tout le monde la possibilité du changement, de l'alternative qui naît de décisions humaines capables de transformer les conditions moins humaines en conditions plus humaines. La promotion des femmes, le travail pour la justice, la solidarité internationale et la paix, la lutte pour une économie globale au service de toute l'humanité par la promotion d'un marché global qui fasse passer les personnes avant l'argent; la lutte pour l'éradication de la pauvreté, les efforts pour la remise de la dette externe des pays les plus pauvres du monde, tout en cherchant des mécanismes de prêts qui ne soient pas usuraires; l'animation d'un développement durable plus humain pour tous, ainsi que la promotion d'un environnement sain, tous ces éléments sont impératifs de la mission ad gentes.
2- NOUS VOULONS COLLABORER AVEC TOUTE L'ÉGLISE EN AMÉRIQUE À LA PROMOTION
ET AU DÉVELOPPEMENT DE LA DIMENSION MISSIONNAIRE AD GENTES.
A- Nous croyons que nos expériences de la mission ad gentes peuvent et doivent rétro-alimenter l'esprit et la responsabilité missionnaire de tout le peuple de Dieu qui vit en Amérique, et ce non seulement à l'occasion d'un Congrès missionnaire comme celui-ci. C'est pourquoi nous voulons offrir notre collaboration, selon nos possibilités et à l'intérieur de nos limites, avec les instances missionnaires des Églises particulières d'Amérique.
B- Nous connaissons l'expérience des Missionnaires de la charité pastorale au Salvador, ainsi que le Projet missionnaire de l'Amérique centrale. Si ces efforts venaient à prendre corps et si le Secrétariat épiscopal d'Amérique central (SEDAC) en voyait la convenance, nous sommes disposés à dialoguer avec le SEDAC d'une coopération possible à partir de notre expérience missionnaire et dans les limites de nos possibilités.
L'Église est une et vit pour la mission. Église d'Amérique, ta vie est mission. C'est dans l'unité que nous aspirons à continuer la mission. Nous demandons à l'Esprit saint, qui donne l'élan et le soutient, la lumière qui nous guide dans cette collaboration que nous offrons.
Nous sommes unis en Christ, l'envoyé du Père qui nous donne la vie en abondance, et en sainte Marie de Guadalupe, mère et envoyée du vrai Dieu par qui nous vivons.
Missionnaires de Québec : P. Roland Laneuville, supérieur général, et P. Guy Charbonneau, vicaire général
Missionnaires de Scarboro, Canada : P. Jack Lynch, supérieur général
Missionnaires de Yarumal, Colombie : P. Jairo Gómez, supérieur général
Missionnaires de Maryknoll, Etats-Unis : P. Francis McGourn, vicaire général
Missionnaires de Guadalupe, Mexique : P. Juan José A. Luna Erreguerena, supérieur général
(1)ad gentes, expression
latine qui désigne la mission qui s'adresse aux non chrétiens. On utilisera ad extra pour parler de la mission à l'étranger