La Société des Missions-Étrangères / Nos destinations / Cuba

Une école cubaine de formation missionnaire
Yvan Bergeron, p.m.é.(1)

Le groupe des prêtres des Missions-Étrangères à Cuba. En bas, à droite, l'auteur Yvan Bergeron

Lors d'une réunion de membres de la Société des Missions-Étrangères, tenue à Manaus au Brésil, en 1996, sur le thème de l'inculturation de la foi, j'ai été impressionné par l'expérience de l'équipe missionnaire de Manacapuru, composée de Guy Labonté et de quelques laïques formés dans notre Centre International de formation missionnaire à Montréal. Épaté par le succès de ce nouveau genre de partenariat, j'en avais conversé longuement avec mes confrères Roch Audet et François Lapierre, alors supérieur général, à cette rencontre. Notre décision fut de réaliser quelque chose de ce genre dès notre retour à Cuba. D'autre part, l'orientation de notre école de formation missionnaire ne pourrait pas mettre l'accent sur la mission vers les autres pays, à cause du « complexe d'émigration » de beaucoup de Cubains et Cubaines. Nous avions l'approbation de François Lapierre et la conviction que l'Esprit Saint nous y poussait, même si nous ne savions pas très bien où nous allions.

Nous avons réuni un groupe de prêtres, religieuses et laïques pour y réfléchir. Nous pensions que ça intéresserait bien du monde, mais en réalité, nous n'avons qu'une petite équipe d'animation du projet, composée d'un couple, d'une Oblate Missionnaire de Marie-Immaculée, de Yvon Bastarache p.m.é. et moi-même. Nous tâchons de voir grand, tout en nous contentant de faire de petits pas. À Cuba, il n'est pas facile de prévoir l'avenir même à court terme, car ça change tout le temps.

Nous avons pour objectif de former des personnes pour la mission « ad gentes » c'est-à-dire vers ceux et celles qui ne connaissent pas Jésus Christ, autant à l'intérieur du pays que pour la mission universelle de l'Église.
Moraima, une affiliée cubaine, et sa fille Annette

Notre École prévoit trois années de formation, à raison de deux sessions d'une semaine pour la première et la deuxième année; et de deux sessions de quinze jours pour la troisième année. Entre temps, l'École s'efforce d'accompagner les candidats afin de leur assurer une formation permanente. La première année est un temps de travail sur l'identité de la personne, du point de vue humain, chrétien et missionnaire. L'autre année est consacrée à la spiritualité et la dernière à la missiologie

Les résultats jusqu'à présent sont excellents : il y a une participation vraiment inattendue de la part des laïques. Nous pouvons compter sur la collaboration de trois couples cubains qui vont s'affilier à notre Petit groupe missionnaire cubain, précisément dans un but de promouvoir la mission à Cuba et ailleurs. Quelque 34 personnes sont passées par notre École et sont disposés à coopérer étroitement avec la mission.

Très prochainement, nous espérons aménager un espace dans notre maison régionale de la Havane, où nous pourrons partager documents et outils d'animation au service de la mission. Depuis un an déjà, un conseil économique s'est organisé et cherche à apporter des fonds pour défrayer les dépenses d'éventuelles activités missionnaires de notre École. Nous cherchons à structurer « une équipe volante » au service des participants qui œuvrent dans les différents diocèses. L'École voit la nécessité d'une étroite collaboration avec les différentes instances missionnaires du pays. Et surtout, nous souhaitons que cette École devienne le plus tôt possible une initiative entièrement cubaine.

(1) Yvan Bergeron, originaire du Saguenay, exerce son ministère à Cuba depuis 1953