La Société des Missions-Étrangères / Nos destinations / Cuba

Une simple fille de « El Brujo »
Milagros Martinez, laïque associée (1)

Milagros Martinez, missionnaire au Brésil

Je suis une fille de la campagne, native de « El Brujo », un petit coin de terre situé dans les montagnes de Cuba, mon pays. C’est un endroit très simple où les gens suent passablement pour gagner leur vie. Je crois que je dois ma vocation missionnaire à mon grand-père maternel, Santiago Díaz. C'était quelqu'un qui partageait toujours le peu qu'il avait avec le pauvre.

Il paraît qu’un bon missionnaire ne peut trouver la paix tant qu’il n’a pas communiqué la flamme qu’il porte en lui. C’est ce qu'a fait avec moi le père Yvan Bergeron, p.m.é. en m’invitant à parcourir avec lui le diocèse de Pinar del Río afin d'aider les communautés dans leurs besoins. Ces voyages qui m'enthousiasmaient ont constitué mes débuts missionnaires.

Quand je revenais chez moi après ces « missions », j'étais pleine de joie et je racontais à ma famille les expériences des visites que nous avions faites. Nous n’étions pas toujours bien accueillis; beaucoup de gens nous fermaient la porte au nez par rejet ou par crainte. Ce n’était pourtant que des visites d’amitié. Mais nous vivions sous un régime communiste.

Malgré cela, l’expérience était tellement belle que nous passions par-dessus tous les refus. Ma famille est devenue partie prenante de la mission avec moi. J’ai mis plusieurs années à découvrir que ce qui me poussait à donner beaucoup de temps à la mission s’appelait vocation missionnaire, et qu’il s’agissait d’un appel du Seigneur.

Milagros chez elle avec sa mère et sa soeur

Quand j’ai entendu parler pour la première fois de la mission à l'étranger, je croyais qu’elle était réservée aux prêtres et religieuses. Mais j'ai ensuite appris que des jeunes laïques quittaient leur pays pour aller partager leur foi et offrir leur service dans d’autres contrées. J’ai alors commencé à me demander si cela pouvait me concerner aussi. À cette époque, Dieu m’a donné la chance de vivre des expériences missionnaires avec des jeunes d’autres pays qui rêvaient de vivre la mission au loin. Je me suis mise à rêver moi aussi.

Puis j’ai rencontré sur mon chemin, surtout dans ma communauté, des personnes qui m’ont encouragée à réaliser mon rêve de devenir missionnaire à l'étranger. Le plus gros obstacle était de laisser derrière moi ma famille, spécialement mes parents âgés et malades, aussi mes frères, mes neveux et nièces qui m’apportent tant de joie.

J’ai vécu un dur combat intérieur. Mes frères, avec qui je partageais mon projet, n’ont pas cessé de m’encourager. Après un long discernement dans le silence et la prière, j’ai finalement pris la décision de partir. Là où se trouvait ma faiblesse, je trouve aujourd’hui ma force. Ma famille est maintenant la voix qui me dit : « Va de l’avant  ! Le Christ attend le meilleur de toi  !» Les membres de ma famille partagent la mission avec moi et je sens la force et l’appui de leurs prières.

Je travaille présentement en Amazonie brésilienne au sein d’une équipe internationale de cinq missionnaires originaires du Québec et du Honduras. Nous vivons à Manaus, grande ville de deux millions d’habitants dans le quartier populaire de Jorge Teixera (300,000 habitants), où le chômage et la faim font partie du quotidien. Je suis responsable de la pastorale des jeunes en paroisse.

Je remercie Dieu, ma famille et ma communauté qui ont permis qu’une simple fille de « El Brujo » laisse croître cette petite semence que Jésus avait plantée dans son coeur à travers son grand-père. Que de chemin parcouru depuis !

Des personnes ordinaires qui font des choses extraordinaires
C'est dans la vie simple et engagée de la famille de Milagritos, une jeune cubaine tout récemment associée à la Société des Missions-Étrangères que j'ai ressenti cette fidélité au Christ. Tous les lundis, parents et enfants se réunissent en son Nom mettant en pratique les valeurs de solidarité, d'affection, de travail, de prière, d'unité familiale. Dans cette finca El Brujo, les familles vivent proches les unes des autres et en harmonie. Prochainement, elles pensent construire une petite chapelle destinée à toute la communauté chrétienne de cette contrée.
(témoignage de Marie-Laure Joly, associée à la mission du Cambodge, qui avait visité la famille de Milagros Martinez à Cuba, il y a quelques années)

(1) Vous pouvez communiquer avec Milagros à l’adresse suivante : pgmbresil@hotmail.com