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Une simple fille de « El Brujo »
Je suis une fille de la campagne, native de « El Brujo », un petit coin de terre situé dans les montagnes de Cuba, mon pays. Cest un endroit très simple où les gens suent passablement pour gagner leur vie. Je crois que je dois ma vocation missionnaire à mon grand-père maternel, Santiago Díaz. C'était quelqu'un qui partageait toujours le peu qu'il avait avec le pauvre. Il paraît quun bon missionnaire ne peut trouver la paix tant quil na pas communiqué la flamme quil porte en lui. Cest ce qu'a fait avec moi le père Yvan Bergeron, p.m.é. en minvitant à parcourir avec lui le diocèse de Pinar del Río afin d'aider les communautés dans leurs besoins. Ces voyages qui m'enthousiasmaient ont constitué mes débuts missionnaires. Quand je revenais chez moi après ces « missions », j'étais pleine de joie et je racontais à ma famille les expériences des visites que nous avions faites. Nous nétions pas toujours bien accueillis; beaucoup de gens nous fermaient la porte au nez par rejet ou par crainte. Ce nétait pourtant que des visites damitié. Mais nous vivions sous un régime communiste. Malgré cela, lexpérience était tellement belle que nous passions par-dessus tous les refus. Ma famille est devenue partie prenante de la mission avec moi. Jai mis plusieurs années à découvrir que ce qui me poussait à donner beaucoup de temps à la mission sappelait vocation missionnaire, et quil sagissait dun appel du Seigneur.
Quand jai entendu parler pour la première fois de la mission à l'étranger, je croyais quelle était réservée aux prêtres et religieuses. Mais j'ai ensuite appris que des jeunes laïques quittaient leur pays pour aller partager leur foi et offrir leur service dans dautres contrées. Jai alors commencé à me demander si cela pouvait me concerner aussi. À cette époque, Dieu ma donné la chance de vivre des expériences missionnaires avec des jeunes dautres pays qui rêvaient de vivre la mission au loin. Je me suis mise à rêver moi aussi. Puis jai rencontré sur mon chemin, surtout dans ma communauté, des personnes qui mont encouragée à réaliser mon rêve de devenir missionnaire à l'étranger. Le plus gros obstacle était de laisser derrière moi ma famille, spécialement mes parents âgés et malades, aussi mes frères, mes neveux et nièces qui mapportent tant de joie. Jai vécu un dur combat intérieur. Mes frères, avec qui je partageais mon projet, nont pas cessé de mencourager. Après un long discernement dans le silence et la prière, jai finalement pris la décision de partir. Là où se trouvait ma faiblesse, je trouve aujourdhui ma force. Ma famille est maintenant la voix qui me dit : « Va de lavant ! Le Christ attend le meilleur de toi !» Les membres de ma famille partagent la mission avec moi et je sens la force et lappui de leurs prières. Je travaille présentement en Amazonie brésilienne au sein dune équipe internationale de cinq missionnaires originaires du Québec et du Honduras. Nous vivons à Manaus, grande ville de deux millions dhabitants dans le quartier populaire de Jorge Teixera (300,000 habitants), où le chômage et la faim font partie du quotidien. Je suis responsable de la pastorale des jeunes en paroisse. Je remercie Dieu, ma famille et ma communauté qui ont permis quune simple fille de « El Brujo » laisse croître cette petite semence que Jésus avait plantée dans son coeur à travers son grand-père. Que de chemin parcouru depuis !
(1) Vous pouvez communiquer avec Milagros à ladresse suivante : pgmbresil@hotmail.com
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