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(extrait de la revue de juin 2007) Hors du presbytère et des sentiers battus
Depuis plus de 40 ans, Jean Ménard marche avec ceux qui luttent pour la dignité, la justice et l’équité. Dans le Cuba de Fidel, le Chili d’Allende, le Nicaragua des Sandinistes ou le Québec des 25 dernières années, il s’associe aux changements sociaux et participe aux revendications des plus démunis. M.H.C. Votre affectation à Cuba en 1959 vous a fortement marqué. Pourquoi? J’ai été envoyé à Cuba alors que le pays était en pleine ébullition. En sortant de l’aéroport, j’ai vu une affiche qui annonçait ce dont j’allais être témoin : « ¡Revolución es construir! - La révolution, c’est construire! » Fidel Castro avait pris le pouvoir quelques mois auparavant et les Cubains participaient activement à la reconstruction de leur pays. En circulant dans les rues, je voyais des gens peindre leur maison, réparer les rues et les trottoirs. Je constatais que plusieurs s’impliquaient bénévolement dans les campagnes de vaccination et d’alphabétisation lancées par le gouvernement. Moi qui sortais tout juste du Québec de Duplessis, je n’en revenais pas! Je passais d’une société soumise à une société en pleine créativité. Nommé vicaire dans une paroisse rurale, je me suis rendu compte qu’à part enterrer un mort une fois de temps en temps, je n’avais pratiquement rien à faire. À l’époque, il n’y avait pas de pratique religieuse sérieuse à Cuba sauf à La Havane dans le milieu de la bourgeoisie. Je suis donc sorti de mon presbytère pour aller à la rencontre des gens et partager leurs préoccupations. De ce fait, mon ministère s’est transformé. J’ai encouragé les brigades de la santé qui partaient vacciner les pauvres contre la malaria, la dengue et la typhoïde et ceux qui allaient alphabétiser les gens de la campagne. M.H.C. Au Chili, où vous serez envoyé par la suite, exercerez-vous le même genre de ministère? Oui. En arrivant au Chili en 1962, je me suis tout de suite inséré dans différents milieux afin de connaître la culture. J’ai suivi des cours à l’Université de Santiago pour être en contact avec le monde des idées, de la politique et de la bourgeoisie. Les fins de semaine, j’allais célébrer la messe dans les quartiers pauvres, les bidonvilles.
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