La Société des Missions-Étrangères / Nos destinations / Canada

DESSINER L'AVENIR

Chronique de l'Assemblée générale 2008

Semaine du lundi, 28 avril au vendredi, 2 mai

Le nouveau Conseil central de la SMÉ élu

Guy Charbonneau
De gauche à droite : M. Bertrand Roy, p.m.é., assistant général, M. Guy Charbonneau, p.m.é., Supérieur général de la Société, M. Martin Laliberté, p.m.é., Vicaire général et M. Gilles Dubé, p.m.é., assistant général.

Guy Charbonneau a travaillé pendant 32 ans au Honduras, surtout dans la formation et l'animation missionnaires. Il a servi comme vicaire général au sein du Conseil central qui vient de terminer son mandat. Martin Laliberté, après sept ans de mission au Brésil, était , depuis 2004, directeur de notre centre de formation CIFM, à Montréal. Bertrand Roy, a travaillé 7 ans en Indonésie et au Cambodge, a été professeur en missiologie à l'Université St-Paul, était en ce moment directeur de notre revue et assistant dans le dernier Conseil central. Gilles Dubé a travaillé 30 ans au Japon et 3 ans au secrétariat général de la Société.

____________________

Lundi, 7 avril 2008

Lundi, le 7 avril, à Pont-Viau, Laval, Canada, s'est ouverte la 12e Assemblée générale de notre Société missionnaire. L'Assemblée est composée de 17 membres de droit et de 10 autres membres invités, dont 7 missionnaires laïques.

Mgr VeilletteLe coup d'envoi a été donné au cours d'une eucharistie présidée par Mgr Martin Veillette, Évêque de Trois-Rivières et président de l'Assemblée des Évêques Catholiques du Québec (sur la photo à gauche), accompagné de Roland Laneuville, supérieur général et Guy Charbonneau, vicaire général.









Roland LaneuvilleEn après-midi Roland Laneuville (à gauche) présentait le rapport du Conseil central qui a permis de bien cerner comment ce dernier a compris et rempli sa tâche au cours des cinq dernières années. Plusieurs thèmes ont fait l'objet de questions ou d'observations de la part des participants dont voici quelques exemples: la décentralisation des structures de gouvernement et ses implications, l'internationalisation des forces vives de la SMÉ.


Mardi, 8 avril

L'avant-midi de mardi a été consacré aux rapports du Service de la formation missionnaire initiale, présenté par Guy Charbonneau, et du Service de la formation permanente présenté par Bertrand Roy.

Veillette Labonté
Lévis Veillette et Guy Labonté, p.m.é.

L'après-midi a été consacré entièrement à la Région d'Amérique du Sud. Il y a eu d'abord un rapport des groupes du Pérou, du Chili et du Brésil, donné par Lévis Veillette, Frida Erazo et Ana Saldaña respectivement, et l'apport de Guy Labonté, responsable de cette région. Les participants ont félicité cette région pour les avancées significatives de son organisation depuis sa création en 2007. Ils ont échangé sur les changements rapides vécus dans le groupe du Brésil, la transmission bien amorcée au Pérou et la priorité donnée à l'animation et la formation missionnaires dans tous ces pays, sans oublier l'Argentine.

Laiques missionnaires à l'Assemblée
Les laïques missionnaires présents à l'Assemblée : Sofia Diez (Thaïlande), Ever Amador (Chine), Marie-Laure Joly (Cambodge), Erica Foschiatti (CIFM), Frida Erazo (Chili), Christian Busset (Québec), Andrée Bédard (Thaïlande), Beatriz Medina (CFAM, Honduras) et Ana Saldaña (Brésil)

Mercredi, 9 avril

La session du matin fut très intéressante avec la présentation du rapport du Service de l'Animation Missionnaire faite par Charlemagne Ouellet, directeur de ce service et par Bertrand Roy, directeur de notre revue. Ils ont bien su nous présenter les activités réalisées et les défis de l'animation missionnaire dans le contexte du Québec d'aujourd'hui.

Rondeau Ouellet
André Rondeau, p.m.é. et Charlemagne Ouellet

Puis André Rondeau a présenté le rapport du Service du Bien-Être. Il nous a bien expliqué avec humour en quoi consiste ce service et tout ce qui s'y rattache. Les statistiques nous montrent comment ce service sera de plus en plus nécessaire. Comment faire pour que ceux qui vieillissent le fassent sereinement et vivent la retraite comme une autre étape de leur vocation missionnaire. Mercredi après-midi il y a eu relâche et célébration des funérailles de notre confrère Pierre-Paul Gratton, décédé le 5 avril dernier.

Jeudi, 10 avril

L'avant-midi a débuté avec la présentation du Service des Missionnaires Laïques Associé(e)s, par son directeur, Christian Busset. Le rôle du Service est de promouvoir la participation des associés à la mission et à la vie de la SMÉ. Ensuite, Jean Gaboury a présenté le rapport du Service du Secrétariat général.

Gaboury, Bolduc, Gauthier
Jean Gaboury, Jacques Grenier, Charles-Aimé Bolduc et Jacques Gauthier, tous p.m.é.

L'après-midi a été consacré à la Région d'Asie. Il y a eu d'abord la présentation de chacun des pays qui en font partie. Pierre Samson a dit que l'objectif du groupe des Philippines est de mener à bon port l'étape de transmission. Pour Charles-Aimé Bolduc, au Japon, un nouveau type de mission est à vivre, davantage intégrée dans l'Église locale. Ever Amador a souligné la qualité de la vie fraternelle dans le groupe de Chine. Marie-Laure Joly a dit que le groupe du Cambodge est aussi très lié par l'unité et l'amitié entre ses membres. Pour Sofia Diez, un des défis du groupe de Thaïlande est le trop grand nombre de réunions. Ensuite, Charles-Aimé a parlé de l'expérience de la régionalisation en Asie. C'est très bien commencé. La présence de laïques dans le Conseil régional est une grande richesse. La région d'Asie veut mettre l'accent sur deux points : offrir la formation missionnaire et vivre le dialogue interreligieux.

Vendredi, 11 avril


Pierre Samson, Gilles Poirier, Gervais Turgeon et Jean-Yves Isabel, p.m.é.

En avant-midi, présentation du rapport du Conseil d'Administration faite par Jean-Yves Isabel. Ensuite Gilles Poirier et Gervais Turgeon nous ont fait voyager en Afrique, plus particulièrement au Soudan et au Kenya. Ils nous ont présenté quelques propositions visant à améliorer la qualité de l'accompagnement et de la préparation des candidats qui se destinent au sacerdoce ou qui veulent devenir missionnaires laïques.

En après-midi Florent Vincent invitait à connaître les missionnaires retirés au Canada. Nous avons senti chez lui une joie de vivre et une sagesse que l'on retrouve chez beaucoup de retraités missionnaires qui portent encore le feu sacré même une fois de retour au Canada.

Samedi, 12 avril

L'avant-midi du samedi 12 avril a été consacré à une rencontre sur la situation de l'Église du Québec dans le contexte multiculturel de la société québécoise. Deux personnes nous ont livré leurs réflexions et leur témoignage : Elizabeth Garant, laïque associée à la SMÉ au Japon de 1988 à 1994, directrice actuelle du Centre Justice et Foi, à Montréal; aussi notre confrère Mgr François Lapierre, évêque de St-Hyacinthe.

Vincent, Garant, Lapierre
Florent Vincent, p.m.é., Élizabeth Garant et Mgr François Lapierre, p.m.é.

Dans un bel exposé, Elizabeth nous a aidés à comprendre la société québécoise, en particulier sous l'angle de l'immigration. Depuis les années 70, la diversité culturelle est une question importante au Québec. Dû à des questionnements sur l'affirmation de l'identité religieuse de certains groupes d'immigrants, le gouvernement Charest a constitué en 2007 la commission Bouchard-Taylor. Pour la première fois on mettait sur la place publique la question de l'immigration. La composition de l'immigration a changé depuis une dizaine d'années : il y a de plus en plus d'immigrants originaires du Maghreb. Les non-chrétiens au Québec forment 4% de la population, le double d'il y a 40 ans. De plus, depuis la révolution tranquille, le Québec a changé : dans la population québécoise de souche, 1 enfant sur 10 n'appartient à aucune tradition religieuse. On parle aujourd'hui d'un concept de citoyenneté où tous les québécois seraient égaux. Ceci implique 3 questions. Comment promouvoir une laïcité ouverte, où la religion ait une place? Quel sera le rapport au religieux dans le Québec futur? Comment construire une identité ouverte dans ces nouvelles circonstances? Ceci implique aussi des enjeux de justice sociale, qui nous invitent à nous réajuster comme croyants : la pauvreté et le chômage touchent les immigrants, davantage les femmes arabo-musulmanes et africaines; la discrimination existe dans les lois, avec des politiques d'immigration plus restrictives, et dans les faits.

Dans beaucoup de médias actuellement, on parle de décroissance de l'Église. Pour François, la situation nouvelle que nous vivons est un temps favorable et constitue une chance pour l'Église. Le pluralisme religieux, présent partout, est une réalité qui devrait influencer davantage notre action comme Église. Ce pluralisme nous oblige à préciser notre identité et à approfondir le sens de notre expérience chrétienne. Enfin, François a exprimé le souhait que le prochain Congrès eucharistique international de Québec ne soit pas une tentative de retourner à une Église qui n'existe plus, mais une occasion d'apprendre à remercier Dieu pour les réalités que nous vivons et à y découvrir les potentialités qui existent pour y vivre notre foi et donner notre témoignage.

CHRONIQUE DE L'ASSEMBLÉE
(pour la suite, cliquez ici)