La Société des Missions-Étrangères / Nos destinations / Cambodge

René Ayala et Marie-Laure Joly, pèlerins au Cambodge
Marie-Laure Joly (1)

Le pays est peuplé de gens très jeunes

René et moi avons signé notre engagement comme couple avec la Société des Missions-Étrangères en octobre 1999. C’est avec grande joie que nous avons réaffirmé notre confiance à un appel un peu fou mais réel, de suivre Jésus sur le chemin de la mission. Par cette association, il était clair que nous posions un jalon déterminant pour l'avenir de notre vie de famille en acceptant d’aller vivre six ans au Cambodge dans une équipe internationale. Beatriz Millena, sage-femme, et Maria Teresa Dalisay, infirmière, originaires des Philippines, Gustavo Benítez, enseignant d'Argentine, et Pedro Gómez, jeune prêtre colombien ont vécu avec nous ces débuts au milieu du peuple cambodgien. Robert Piché p.m.é. ainsi que Giraldo Omer, Hernán Pinilla et Juan de Jésus Solórzano, prêtres colombiens de Yarumal complètent la grande équipe.

La découverte du peuple khmer
Nous arrivions au Cambodge le 14 juillet 2000. Nous allions partir à la découverte de ce peuple courageux et désireux de reconstruire sa vie et de lutter pour un avenir paisible et harmonieux au-delà des horreurs du récent génocide. Le premier mois a été consacré exclusivement à l'étude et à la mémorisation de l'alphabet khmer (72 lettres) pour nous centrer ensuite sur la lecture et la prononciation de sons jusqu'alors inconnus de nous. Malgré nos progrès timides, nous sommes déjà engagés sur la voie de la communication simple et spontanée avec les gens que nous rencontrons à la maison, dans la rue, au marché. La connaissance approfondie de la langue est clef d'entrée au sein d'une culture.

Des rizières à perte de vue

Notre premier projet
Notre petit trésor Samuel va bien et pousse en éveil. Il se transforme de jour en jour très interpellé par ce qui l'entoure. Il est le premier fruit de notre mission ici. Nous mettons présentement sur pied une résidence pour lycéens à la capitale. Le projet consiste à aider des étudiants qui proviennent de milieux défavorisés à terminer l’école secondaire et les aider à croître humainement et spirituellement. Le Cambodge a besoin de milliers de cadres, de scientifiques, de professionnels pour se relever de ses ruines. Rebâtir une communauté étudiante devient alors une priorité à laquelle nous tâchons de contribuer. Il s’agit de tout un défi au quotidien pour notre petite famille : vivre avec une dizaines de jeunes garçons dans la langue et la culture khmères. Notre tâche sera d’établir un programme d’activités, de les soutenir dans leurs études et de les accompagner personnellement dans leur quête. Nous serons responsables de l’organisation de la vie commune et de l’administration du foyer.

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Premiers contacts avec le bouddhisme
Marie-Laure Joly (1)

Jeunes moines bouddhistes

Nous pénétrons dans la culture du Cambodge par la fenêtre de sa religion, le bouddhisme therevada, le « Petit Véhicule », une pratique de rites et d’observance des enseignements de Bouddha vécue dans la péninsule indochinoise.

La fête de Pchum Ben
Le calendrier religieux suit les mouvements de la lune. En septembre, le Pchum Ben débute au premier jour de la lune décroissante : c’est une grande fête religieuse en l’honneur des ancêtres. À cette occasion les gens se rendent à leur lieu de naissance. Les familles offrent des mets délicieux à leurs morts qui, guidés par la fumée de l'encens et par la lumière irradiante des bougies, reviennent leur rendre visite. « Si nous n'offrons rien à nos ancêtres, ces derniers apparaîtront dans nos rêves en pleurant et en réclamant de la nourriture, ce qui signifie que nous n'aurons pas suffisamment de nourriture l'an prochain... »

Les moines récitent des prières en l'honneur des ancêtres et demandent au Bouddha de protéger leurs familles. Les femmes vêtues avec élégance apportent de nombreux plats qu’elles posent délicatement et joyeusement sur des tables basses. Offerts aux moines qui se trouvent juste à côté du salon principal de la pagode, ces mets seront consommés juste après les litanies et les chants. Les moines ouvrent le festin qu’ils partagent avec les familles. Les festivités prennent fin avec la nuit sans lune.

Nous avons été invités à célébrer dans une pagode voisine

La fête de Kathan
Durant la période de croissance de la lune, entre les mois d'octobre et de novembre, l’ambiance est à la fête dans les rues de Phnom Penh. Des orchestres annoncent la fin de la saison des pluies et le début de Kathan. Ce serait Bouddha lui-même qui, en voyant les vêtements usés de ses disciples, aurait créé cette tradition pour leur procurer de nouvelles tuniques.

Nous avons été invités à célébrer dans une pagode voisine : on y a recueilli des dons et de cadeaux, principalement des tuniques pour les moines. Le jour suivant, nous sommes partis très tôt en direction d'un village. Dans une pagode sise au milieu d’immenses rizières, nous nous avons assisté à la remise de ce qui avait été offert la veille à Phnom Penh. Grâce à ces dons, cette pagode sera en mesure de s'autofinancer. Par leur contribution, les donateurs espèrent gagner des mérites en vue de leur prochaine vie réincarnée. Plus ils sont généreux, plus ils peuvent espérer acquérir une meilleure position sociale.

La fête des eaux
Après Kathan, au moment de la pleine lune, commence la fête des eaux. De partout au pays, les foules affluent vers la capitale. Pendant trois jours, les bords des rivières Tonle Sap et Mékong sont bondées de gens venus remercier les eaux généreuses qui font pousser le riz. Le soir, six immenses pirogues richement décorées et illuminées émerveillent les yeux des pèlerins. Bouddha aurait encouragé cette fête pour attirer la pluie et éloigner la sécheresse.

(1) L’auteure, Marie-Laure Joly, est une enseignante de France. Son mari René Ayala, de Bolivie, est anthropologue et leur fils Samuel est notre plus jeune missionnaire. À un an, avec son sourire il fait plein de disciples. Vous pouvez les joindre à l’adresse suivante : ayaljo@yahoo.com