La Société des Missions-Étrangères / Nos destinations / Brésil

L’Amazonie, coeur du Brésil et poumon du monde
par Claude Lacaille, p.m.é., Janvier 2001

Les fleuves sont les autoroutes de l’Amazonie

La forêt amazonienne, dont la plus grande partie se trouve au Brésil, a une superficie équivalente aux deux tiers du territoire des États-Unis. On trouve en Amazonie jusqu’à 200 espèces d’arbres par hectare et plus de 50 000 espèces de plantes. Avec ses 6 868 km, le fleuve Amazone est cinq fois et demie plus long que le Saint-Laurent. Un cinquième de l’eau douce disponible sur la planète s’écoule dans son bassin. L’Amazonie brésilienne n’est pas qu’une réserve écologique; 18 millions d’humains y vivent.

Une forêt agressée de toutes parts
Mais la forêt amazonienne est soumise à de constantes agressions: brûlis pour défricher des terres agricoles ou créer des pâturages destinés à l’élevage de bovins, coupes de bois intensives, pillage de bois précieux, migration massive de paysans sans terre venus d’autres régions, urbanisation chaotique. Au cours des trente dernières années, de grands pans de la forêt se sont transformés en désert. Enfin, tandis qu’on brûle chaque année des dizaines de milliers de kilomètres carrés de forêt pour y élever du bétail, les populations autochtones sont violemment refoulées et parquées dans des réserves.

L’environnement est menacé en Amazonie

Exporter des matières premières pour des dollars
Les immenses propriétés agricoles y dépassent parfois en étendue la superficie d’États entiers. Les dix plus grandes terres privées de l’Amazonie occupent une surface de six millions d’hectares alors que des millions de paysans privés de terre crèvent de faim. Ces richissimes fazendeiros et les compagnies transnationales exercent en politique un groupe de pression de poids. D’un côté, ils s’opposent farouchement à l’expropriation de leurs terres non cultivées, comme le permet la Constitution du pays et, en accord avec le gouvernement, ils veulent intensifier la production de la viande de boeuf destinée à l’exportation comme moyen d’obtenir des devises en dollars. Ainsi, la tentation est grande de brûler de plus en plus la forêt pour la transformer en pâturages. En même temps, les compagnies forestières envahissent la forêt tropicale pour en extraire le bois en y pratiquant des poches d’exploitation à la manière d’un fromage de gruyère.

La Banque mondiale dirige le pillage
À la réunion de l’Organisation mondiale du Commerce à Seattle, les ministres des États se sont entendus pour favoriser l’augmentation de la consommation mondiale de bois et encourager les investissements étrangers en affaiblissant les lois qui protègent l’environnement. Ainsi, à titre d’exemple, quelques jours après que le parlement russe eût éliminé son agence de protection de la forêt, la Banque mondiale a consenti à ce pays un prêt de 60$ millions pour l’exploitation forestière. Même si la Banque mondiale songe à inclure des conditions pour la protection des forêts dans ses politiques de prêts, elle pousse les gouvernements à laisser le champ libre au secteur privé. L’avenir repose donc sur la mobilisation des populations pour qu’elles exigent des politiques de développement durable. Les gouvernements doivent assumer leur responsabilité face au pouvoir financier. Remettre la gestion des forêts à l’entreprise privée, c’est confier au renard la surveillance du poulailler ! Défendre nos forêts, amazoniennes ou boréales, c’est assurer l’avenir de la vie sur terre !