Ça se passe au Brésil
RIO +10 : Peut-on sauver la planète?
À la fin d'août 2002, avait lieu à Johannesburg le Sommet mondial sur le développement durable. Des représentants de gouvernements et de la société civile se sont réunis pour faire le bilan des conclusions du Sommet de Rio dix ans plus tard et discuter des moyens à mettre en œuvre pour freiner la rapide dégradation de notre planète.
Pour mieux comprendre les enjeux de ce Sommet, saisir l'impact des accords
présents et futurs pour la région amazonienne et approfondir les questions touchant
l'environnement et la justice sociale, le Réseau Brésil-Québec organisait, en
novembre dernier, le colloque " De Rio à Johannesburg en passant par l'Amazone
".
Jean-Guy Vaillancourt, sociologue de l'Université de Montréal et participant au Sommet a ouvert le colloque en décrivant l'atmosphère de la rencontre de Johannesburg, principalement marquée par les positions états-uniennes en matière d'environnement et par le choc du 11 septembre. Le retrait des États-Unis du protocole de Kyoto a déçu l'ensemble de la communauté internationale qui attendait de leur part un engagement ferme sur les questions environnementales et le développement durable. Selon Philippe Le Preste, directeur de l'Observatoire d'écopolitique internationale de l'UQÀM, depuis l'adoption de l'Agenda 21 au Sommet de Rio, peu d'engagements ont été respectés et les objectifs fixés n'ont pas été atteints. Selon ces deux intervenants, le Sommet de Johannesburg a été en quelque sorte "une montagne qui a accouché d'une souris ". Son bilan est mitigé et peu d'avancées ont été faites en matière d'environnement. Au niveau du développement durable, la crise économique qui frappe les pays les plus pauvres s'aggrave et des maladies comme le SIDA progressent. Les engagements sur l'eau, le climat, la biodiversité et les forêts sont minimaux, et le contenu de la déclaration finale déçoit par son manque d'engagements clairs.
La situation de l'Amazonie a été au cœur de la réflexion de la 2e journée du colloque. Jean Pierre Leroy, coordonnateur du projet Brésil durable et démocratique, a décrit l'Amazonie comme étant une région d'intérêt vital pour le Brésil. Par sa biodiversité et ses richesses naturelles, cette région est, dans l'imaginaire collectif brésilien, un territoire à conquérir. Les projets de développement des gouvernements brésiliens successifs n'ont jamais tenu compte des populations indigènes et paysannes qui s'y trouvent. Par exemple, pour répondre aux besoins énergétiques, les gouvernements choisissent de construire de grands barrages, inondant d'immenses territoires, forçant des populations à émigrer vers d'autres régions et accélérant la déforestation. La biodiversité doit rimer avec la sociodiversité et les gouvernements devraient redistribuer les énormes ressources consacrées aux barrages à la recherche de sources énergétiques alternatives, comme l'utilisation de la biomasse ou de l'énergie solaire.
Mais si les gouvernements ont toujours vu l'Amazonie comme un lieu à explorer
et à exploiter, les gens qui s'y trouvent ont, tant bien que mal, réussi à
faire une gestion saine de leur écosystème. Raimunda Monteira, journaliste
et militante en Amazonie, a partagé les efforts de nombreux mouvements sociaux
pour rentabiliser les ressources renouvelables de la forêt en transformant et
en commercialisant des produits de la région. Avec l'aide de centres universitaires
et d'ONG brésiliens, plusieurs coopératives et groupes de femmes fabriquent et
commercialisent savons et autres produits naturels. En dehors des activités prédatrices
comme la coupe de bois, l'exploitation minière et l'agriculture intensive, on
peut tirer de l'Amazonie d'autres ressources renouvelables. Raimunda Monteira
était heureuse de l'élection de Lula à la présidence et espère que la politique
de développement du nouveau gouvernement favorisera les petits agriculteurs et
cueilleurs et les aidera à commercialiser leurs produits, facilitant ainsi la
conservation et le maintien de l'écosystème.
L'intérêt pour la protection de l'Amazonie a favorisé des contacts entre
Québécois et Brésiliens ces dernières années. Carlos Passos, étudiant au doctorat
à l'UQÀM, a souligné les liens existants entre des centres d'études environnementales
du Québec et du Brésil. À titre d'exemple, l'Université du Québec mène des études
afin de déterminer la source de contamination au mercure dans cette région et
cherche des moyens d'en arrêter la progression.
La conservation et le développement de cette région concernent l'ensemble de l'humanité et doivent s'inscrire à l'agenda du travail des organismes de solidarité internationale.
tiré du Bulletin de l'Entraide missionnaire : L'EMI en bref, numéro 25, janvier 2003
Si vous voulez participer au réseau Brésil-Québec, communiquez
avec Gerardo Aiquel à l'Entraide missionnaire, 15 de Castelnau Ouest, Montréal
tél (514)270-6089
Entraide missionnaire
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