| Ergete Tesfaye est né en Éthiopie, en cette région d’Afrique qui a été le berceau de l’humanité, et celui de la deuxième Église plus ancienne du monde. Par le sacerdoce ministériel qui lui sera conféré le 11 juin prochain, il ouvre à la famille des prêtres de la SMÉ une grande fenêtre sur la civilisation extrêmement riche de son pays d’origine en même temps que sur le monde encore trop peu connu des immigrants et des nouveaux citoyens du Québec et du Canada. La SMÉ au Canada accueille Ergete avec grande fierté et gratitude en lui souhaitant de trouver parmi nous une terre où pourra grandir avec force l’amour de l’Évangile et de la Mission que le Seigneur a semé dans son cœur. |
Quelques bribes d’histoire sur l’Éthiopie, pays d’origine de notre confrère, Ergete.

Considérée comme le berceau de l'humanité, lieu de la découverte de Lucy, l'Éthiopie est avec le Tchad et le Kenya, l'un des pays où l'on retrouve les plus anciens hominidés, et depuis 2003, celui où ont été découverts les plus anciens spécimens d'Homo sapiens. La civilisation éthiopienne est l'une des plus anciennes, le prophète mésopotamien Mani citant au IIIe siècle le Royaume d'Aksoum parmi les quatre plus importantes puissances au monde. Au sein de l'Afrique, l'Éthiopie se caractérise comme l'une des seules nations à avoir conservé sa souveraineté pendant le démembrement de l’Afrique au XIXe siècle.

Chute du Nil Bleu, Éthiopie
Parallèlement, elle accueille une population musulmane ainsi que des minorités juives (les Falachas) et animistes. L'Éthiopie est aujourd'hui un pays constitutionnellement laïc[c 1] où toutes les croyances coexistent.

Pourtant, en 1520, lorsque le missionnaire et explorateur portugais Francisco Alvarès découvrit l'Ethiopie il eut l'extraordinaire surprise de découvrir un pays extrêmement chrétien, un pays qui avait su garder intact le dépôt de la Foi chrétienne, mieux encore, qui l'avait enrichi des apports d'une culture originale, créant des églises taillées à même les montagnes (aujourd'hui classées au patrimoine mondial de l'humanité) et générant un trésor liturgique et littéraire abondant.
Mais à l'instar de l'Église des Chrétiens de Saint Thomas aux Indes les missionnaires jésuites dépêchés par le Vatican en terre éthiopienne tentèrent d'inféoder la vieille Église à la hiérarchie romaine. Une union éphémère avec Rome fut même réalisée de 1626 à 1632 en échange de la lutte apportée par les troupes portugaises du fils de Vasco de Gama contre les musulmans. Lorsque les éthiopiens réalisèrent que le prix à payer pour cette alliance était la suppression de leur liberté religieuse ils firent machine arrière toute !
Aujourd'hui, après bien des épreuves, l'Église d'Éthiopie est une réalité vivante et incontournable dans son pays. Forte de dix millions de fidèles elle a toujours été l'épine dorsale de la nation. En Afrique, son histoire, ses résistances et sa réussite en font une légende et un exemple en regard des jeunes Églises africaines qui grandissent actuellement.

Prêtre copte d’Éthiopie

Croix éthiopienne
Terre de champions | ![]() |
Patrimoine mondial de l’UNESCO
(Un article de Wikipédia)
Les églises rupestres de Lalibela désignent onze églises monolithiques taillées dans la roche. Elles se trouvent dans la ville de Lalibela. Elles furent taillées au début du XIIIe siècle sur l'ordre du roi Gebra Maskal Lalibela qui voulait permettre aux chrétiens orthodoxes éthiopiens d'avoir sur leur terre leur propre Jérusalem, les pèlerinages vers la ville sainte étant de plus en plus difficiles suite à l'expansion de l'islam. L’aménagement du site a été conçu pour que sa topographie corresponde à une représentation symbolique de la Terre Sainte, d'où son appellation de « Jérusalem Noire ».

Déroulement des travaux
Aucun document historique ne donne d'informations sur les architectes, les ouvriers ou la date de fondation précise des églises. Il est toutefois évident que d'énormes moyens ont dû être mis en œuvre pour réaliser ces travaux. En ce qui concerne l'église Bete Giyorgis 3 400 m³ de rocher furent enlevés dans la cour et environ 450 m³ à l'intérieur de l'église. Quant à l'église Bete Medhane Alem, 15 000 m³ furent enlevés de la cour et 10 000 m³ à l'intérieur.
Diverses hypothèses sont émises sur le déroulement des travaux. La première phase aurait été selon, Walter Raunig, la phase d'excavation ou de dégrossissage qui permettait de dégager progressivement les différentes parties du bâtiment selon les dénivellations du terrain. Cette phase aurait été suivie par la phase des travaux précis: les pierres mais également les œuvres sont sculptées. Les ouvriers auraient peut-être débuté par les galeries à l'intérieur du bloc de l'église pour ensuite creuser en commençant par l'entrée pour parachever les surfaces.

Il est toutefois possible que l'on ait d'abord ébauché l'extérieur avant d'élaborer les détails sur les façades, enfin on aurait vidé l'intérieur à partir de l'entrée. Cette méthode étant plus complexe que la précédente, il est peu probable qu'elle ait été utilisée.
Description
Le site fut décrit par un européen en septembre 1520, lorsque une mission est arrivée en Éthiopie. C'est Francisco Alvarez, le chapelain de la mission, qui va procéder à la description de chaque église. Alors qu'il parle de l'église majeure, il écrit: « ...à mon avis, il ne se trouve rien dans le monde entier de semblable, des églises sculptées avec art dans le rocher vif »[1]. Il décrit avec une particulière précision Bete Giyorgis, il écrit à ce moment-là: « Je dois arrêter de parler de ces édifices impressionnants, car je suis certain que beaucoup ne pourront pas me croire et penseront que j'ai exagéré »[1]. En 1978, le site de Lalibela est inscrit par l'Unesco au patrimoine culturel de l'humanité, des moyens ont alors été mis à disposition afin de conserver les monuments.

Le cœur de chaque église est le « maqdas », la pièce qui abrite le « tabot » symbolisant à la fois l'Arche de l'Alliance et les Tables de la Loi. Seul le prêtre a le droit d'y pénétrer. La porte en est généralement décorée d'images pieuses et de riches draperies. Une croix monolithe marque le point de départ d’un parcours sacré effectué par les pèlerins à travers les 11 églises souterraines entièrement taillées dans le roc, qui symbolisent la ville sainte de Jérusalem.

