
Ergete Tesfaye
Je suis né en août 1959 à Addis Abeba en Éthiopie. Je suis le septième d'une famille de neuf enfants. J'ai été baptisé et éduqué dans une famille catholique où les valeurs et les principes chrétiens sont profondément enracinés. Après mon éducation élémentaire et secondaire à Addis Abeba, et alors que la guerre civile faisait rage dans mon pays, je suis venu au Canada en 1978 et le Québec est devenu ma seconde patrie. Comme tout nouvel arrivant, j'ai vécu le difficile processus de l'adaptation et j'ai réussi à compléter mon éducation en allant étudier au CEGEP (DEC en Sciences sociales) et à l'université.
Pour gagner ma vie, j'ai travaillé dans un restaurant pendant plusieurs années, d'abord comme laveur de vaisselle, puis comme assistant-cuisinier dans des restaurants du Complexe Desjardins. Plus tard, je me suis lancé en affaires avec d'autres partenaires et, pendant quatre ans, nous avons tenu un petit restaurant éthiopien à Notre-Dame-de-Grâces. Ceci m'a conduit à me perfectionner dans le domaine de la cuisine en fréquentant une école professionnelle. Après ma graduation comme cuisinier professionnel, j'ai travaillé à différents endroits : un restaurant, un club privé, un club de golf. Ensuite, pour un traiteur qui préparait des repas kosher pour la communauté juive.
Durant toutes ces années, le don de la foi reçu au baptême et soutenu par ma famille et l'Église a guidé ma vie. Ma foi a été une source d'espérance, d'inspiration et de persévérance tout au long de mon pèlerinage. Pendant plusieurs années, j'ai été membre de la communauté de la chapelle Loyola où j'ai pu non seulement nourrir ma foi mais aussi renforcer ma relation personnelle avec Jésus-Christ. Je fus aussi membre du Social Justice Committee de Montréal.
Plus tard, j'ai commencé à m'engager à la paroisse Saint-Kevin, une paroisse multiethnique très vivante. Ce fut pour moi une très bonne expérience. Le Vendredi-Saint, je contribuais au Repas de la faim organisé pour Développement et Paix. Mon engagement dans diverses activités à Saint-Kevin a réveillé l'appel au sacerdoce que je ressentais quand j'étais adolescent.
Sur la suggestion du Père Francis McKee, alors pasteur de la paroisse, j'ai commencé à suivre en soirée un programme vocationnel au Grand Séminaire. Ces soirées furent utiles pour mon discernement sur le sacerdoce. Cependant, j'étais toujours confronté à une question : de quelle façon le Seigneur voulait-il que je le serve comme prêtre? J'ai connu la Société des Missions-Étrangères quand Jean-Yves Isabel, p.m.é., est venu célébrer la messe à la paroisse Saint-Kevin et qu'il nous a parlé de cette Société missionnaire. Plus tard, j'ai eu la chance de visiter la Maison centrale de la Société à Pont-Viau avec un groupe de la paroisse. Ceci arriva quand je cherchais où le Seigneur voulait que je sois. Lors de ma visite à la Maison centrale de la Société, je me suis senti immédiatement chez moi et ce fut le début d'une nouvelle étape de mon itinéraire.
J'ai déménagé au Centre international de formation missionnaire (CIFM) à la fin d'août 2005 pour vivre une année de discernement et formation. Ce fut pour moi une année de bénédiction et de transformation. Au moment où cette année de formation tirait à sa fin, mon désir de grandir vers le Royaume de Dieu et mon rêve d'être partenaire dans la construction de ce Royaume sont devenus clairs et plus forts.
En 2006, j’ai effectué une immersion missionnaire au Honduras. C’est là que j’ai fait le lien avec une autre activité missionnaire à laquelle j’avais participé à l’âge de 17 ans dans une mission en Éthiopie. C’est ainsi que le Seigneur me façonnait.
De 2006 à 2007, j’étudiai la philosophie à l’Université Concordia.
En juin 2007, je partais pour le Kenya y poursuivre mes études théologiques pendant trois ans et demi.
La Société des Missions-Étrangères m’a choisi pour travailler au Kenya.
À l’annonce de ma vocation, les réactions ont été fascinantes. Celles de gens qui m’avaient connu et qui disaient : « Ce n’est pas surprenant. »
Celle d’un ami qui qui s’exclama: « T’es malade ou quoi ? tu vas abandonner toute ta spécialité ? »
En y repensant bien, je pense que je n’abandonne rien. Comme chef cuisinier professionnel, j’ai préparé bien des tables. Il m’en manquait une : la table eucharistique…
Oserais-je dire qu’il y a continuité entre l’hôtellerie et l’autel-lerie…
Je remercie le Seigneur de m’avoir conduit dans la bonne direction. Je remercie aussi la Société des Missions-Étrangères pour son accueil et la possibilité de réaliser ma vocation. ■
Teodoro Baquedano
Teodoro Baquedano, 40 ans, comptable public, hondurien d'origine,
a été ordonné prêtre de la Société des Missions-Étrangères
le 29 juin 2011, dans sa paroisse natale de Pespire, au Honduras,
après quoi il ira travailler au Brésil.
Deuxième d’une famille de sept enfants, je suis né à Pespire, au Honduras, en décembre 1970.
Dans ma jeunesse, en plus de jouer de la guitare, j’ai pu connaître, à Pespire, le travail des prêtres des Missions-Étrangères p.m.é.), en particulier de trois d’entre eux.
À 18 ans, j’ai fait mes deux ans et demi de Service militaire obligatoire. C’était pour moi une façon d’aider ma famille. (1989-1993)
J’ai ensuite travaillé comme vendeur exportateur de fromage et de beurre du Honduras au Salvador.
De 1989 à 1995, j’étais plutôt loin de l’Église. C’est à l’âge de 25 ans que se précise mon cheminement à la vocation.
Parti pour travailler une semaine à l’Arche de Jean Vanier, à Choluteca, j’y suis est resté trois ans et demi (1998-2000) ! J’y ai connu Jean Vanier. J’y ai appris à servir les pauvres, à me convertir à eux. J’ai pu découvrir la fragilité humaine.
J’ai complété ensuite des études qui m’ont permis de graduer comme comptable public. Mais, cela ne me comblait pas.
C’est en l’an 2000 que je participai avec les catéchistes du groupe Ad gentes* du Honduras à une mission qui me permit d’aller chez les gens, dans les villages de la campagne. C’est là que je découvris mon amour pour la mission à l’extérieur.
Après une formation au CFAM - Centre de Formation et Animation Missionnaire, je fus envoyé comme missionnaire laïque au Brésil. (2001)
Je complétai ensuite deux ans d’études de philosophie (2003).
En 2006, je revins chez moi à Pespire, mais pour peu de temps. Je partis aussitôt en juin 2006 pour le Canada (Montréal et Toronto) y étudier l’anglais en vue de mes prochaines études de théologie.
J’ai suivi, à Montréal, les trois mois de formation au CIFM – Centre international de formation missionnaire. J’ai vécu aussi à la Maison centrale de la Société des Missions-Étrangères à Pont-Viau, y découvrant l’éventail des missionnaires de la société. Mon appartenance à la Société des Missions-Étrangères, le témoignage des p.m.é. m’ont confirmé dans ma vocation.
À partir de 2007, j’entrepris quatre ans d’études de théologie au Kenya. J’ai pu y connaître des gens de tous les continents qui ont enrichi ma vocation.
« Il vaut la peine de se dépenser pour les autres. »
Après douze ans de préparation, je serai donc ordonné, à 40 ans, prêtre de la Société des Missions-Étrangères le 29 juin, au Honduras. Je retournerai par la suite travailler au Brésil. ■
* http://cfamcemac.weebly.com/