Aux dernières nouvelles, Dieu se trouve en Tunisie, en Égypte, en Libye, au Yémen, en Jordanie, au Bahreïn… Il marche aux côtés des foules qui descendent dans la rue, inondent les places publiques, remplissent le ciel et la terre de leurs cri de colère et d’espoir, et risquent leur peau pour la liberté. Il est là, Dieu, occupé comme jamais…
Même si la Bible proclame que Dieu est « tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour», elle le décrit souvent comme un guerrier vengeur et cruel. Il faudra attendre la «révolution copernicienne» d’un Jésus de Nazareth pour que le côté guerrier et cruel accolé à Dieu sonne la retraite et qu’on commence à le percevoir plutôt comme un Dieu humain et ami. Mais un Dieu qui sait tout de même encore se battre, comme par le passé. Jamais, cependant - et voilà le détail – en prenant le parti du plus gros ou du plus fort, mais toujours celui du petit et du plus faible. Jamais du côté de l'oppresseur, et toujours du côté de l’opprimé.
Lorsque les esclaves hébreux parviennent à s'échapper des griffes du "dieu" Pharaon, ou lorsque David, le jeune berger, terrasse avec une simple fronde «l’invincible» Goliath, tous reconnaissent là la puissante main de Dieu. Même constatation lorsque la belle Judith séduit le grand général Holopherne, le saoule et lui coupe la tête. Ou lorsque la jolie Esther, s’évanouit en présence du terrible «Roi Lion», puis se redresse et lui arrache l’ordre d’envoyer à la potence son premier ministre qui allait commettre un génocide. Des centaines de cas semblables sont rapportés dans la Bible. Non, « il ne dort ni ne sommeille» le Dieu de la vie.
On ne trouve pas Dieu dans les bunkers dorés de Moubarak, de Ben Ali, ou de Kadhafi, mais à la Place Tahrir, au Caire, et dans les rues de Tunis, de Tripoli, de Benghazi, de Sanaa, de Manama… Il est dans le courage de tous ces peuples qui renversent généraux, colonels, présidents et princes devenus fous.
Il y a des gens qui ne croient ni en Allah ni en la résurrection parce qu’on leur a toujours appris que la divinité ne se mêle pas de politique et encore moins de révolution. On leur a appris que Dieu est indifférent à certaines réalités et qu’il bénit autant les dictateurs que leurs victimes. Dans des situations où se jouent la liberté et l’avenir de peuples entiers, on a voulu faire croire que Dieu était neutre et qu’il ne se mêlait pas aux gens qui lancent des pierres et cassent des vitres.
La Bible enseigne tout le contraire. Dieu est du côté de la mère qui accouche et de l’enfant qui lui déchire le ventre pour naître. Il est du côté de la vie et de la liberté, sans lesquelles il n’y a pas d’amour.
Dieu gagne toujours? Hélas, non. Parfois il finit cloué sur une croix. Mais tôt ou tard, il ressuscite.
Mars 2011
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* Eloy Roy: Habitant de la Terre né au Québec, Canada. Depuis qu'il est jeune, il rêve d'apporter une brique à la construction de la grande fraternité humaine, ce qui l'a amené à partager durant plus de 30 ans la vie de peuples qui lui sont très chers: le Honduras, l'Argentine et la Chine.
Il écrit aussi en espagnol :
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